Le Ministre du Budget était dans une émission télévisée dimanche sur la télévision nationale pour justifier l’injustifiable en parlant du Budget de la présidence de la République.
Mohamed Lamine Doumbouyah, puisqu’il s’agit de lui a joué presque son va tout pour placer des arguments fallacieux qui ne convainc personne, en tout cas, pas les économistes avertis.
Le Budget du président Alpha Condé pour l’année 2018 est de 408 milliards 663 millions 056 mille GNF, alors que ce Budget était de 367 milliards 218 millions 589 mille GNF en 2017, soit une augmentation de 41 milliards 444 millions 468 mille GNF.
Alors pourquoi, le chef de l’Etat ne prendrait-il pas 100 milliards sur plus de 408 milliards GNF pour mettre à la disposition de l’Etat afin de juguler les crises sociales à répétition qui couvent dans le pays ?. Ils sont en tout cas nombreux, des spécialistes de l’éducation qui parie désormais sur la déclaration d’une année blanche en Guinée à partir de la mi-mars si jamais rien n’est fait cette semaine.
Pourtant, outre le Budget de 408 milliards 663 millions 056 mille GNF du président Alpha Condé, il y a beaucoup de problèmes qui engloutissent le budget de l’Etat sans que le Ministre Doumbouyah ne pipe mot.
La mobilisation des forces de défense et de sécurité avec des moyens qui n’étaient pas votés par le budget national, notamment polices et gendarmes dans presque tous les quartiers de Conakry pour le maintien d’ordre depuis le début de la crise, les voyages interminables du président Alpha Condé à travers le monde, jusqu’au Kazakhstan, parfois jusqu’au bout du monde pour revenir bredouille au pays, la corruption qui mine la gouvernance Alpha Condé, n’ont pas été évoqués par le Ministre du Budget. Peut être que ces fonds qui sont dépensés et qui n’apportent presque rien au trésor public ne constituent qu’un grain de sable dans l’océan de l’économie guinéenne.
Pourtant, avant cette crise dans le système éducatif guinéen, l’endettement de la banque centrale envers le trésor public dépassait les 2 mille milliards GNF, selon des sources proches du trésor public. Pire que les années folles de la présidence du général Lansana Conté en 2001 avec Cheick Amadou Camara comme Ministre des Finances.
Alors question, qu’est-ce que Mohamed Lamine Doumbouyah avait dit sur toutes ces situations pour éclairer la lanterne des guinéens sur la situation de l’économie guinéenne?
En tout cas, le Ministre Doumbouyah, est un Economiste de renom qui a fréquenté les universités Marocaines, Françaises, Canadiennes pour ne citer que celles-là. A moins qu’il n’était apparemment en crise de mot.
Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le Ministre Mohamed Lamine Doumbouyah a été répondu de la plus belle des manières ce lundi matin avec des manifestations de rue jusqu’au nez du palais Sekhoutouréah.
La voiture de commandement de son bienfaiteur de Premier Ministre, Mamady Youla a évité le pire de justesse. Les manifestants se sont attaqués à la voiture du chef du gouvernement. Il a fallu une tactique bien raffinée de son cortège pour échapper au lynchage de la foule.
Il sera alors loisible d’affirmer qu’avec le régime Alpha Condé, il y a une distance océanique entre les faits et la réalité du terrain. Pauvre Ministre du Budget qui voudrait expliquer l’inexplicable.
Aux dernières nouvelles, si la tension est retombée dans le centre ville de Kaloum, ce n’est pas le cas en haute banlieue de Conakry où les manifestants règnent en maitre absolu. Comme pour dire que cette journée du lundi reste décisive pour le régime Alpha Condé : une question de vie ou de survie, c’est selon.
Ousmane Cissé