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Campagne électorale : attention aux promesses à dormir debout

Dans un décret du chef de la junte, la campagne électorale a été officiellement lancée samedi dernier.
Depuis, soutiens et candidats rivalisent d’ardeur, d’ingéniosité et surtout… de fausses promesses. Mais cette situation ne date pas d’aujourd’hui, au point qu’un contemporain affirmait à juste titre que la politique est l’art de mentir, mentir et mentir.

En Guinée, cette réflexion ne passe pas inaperçue, même si, au pays de Mamadi Doumbouya, les politiques en abusent. À tel point qu’il y a de quoi se demander s’il faut vraiment croire à toutes ces promesses à dormir debout.

Depuis le début du processus électoral en Guinée, au début des années 1990, les Guinéens ont tout entendu. Mais cela n’a jamais changé leur quotidien. Au contraire.

Un autre aspect de cette campagne électorale, c’est le patriotisme mis en avant par tous les candidats : ils aiment tous la Guinée, soi-disant.

Par ailleurs, les programmes de société proposés sont presque les mêmes : « Je vais vous donner de l’eau, de l’électricité, des routes, assurer l’autosuffisance alimentaire, donc vous donner à manger, améliorer le quotidien, apporter la prospérité, réhabiliter les écoles et les hôpitaux, mieux encadrer les enfants… » Excusez du peu : la liste est longue, très longue.

Que dire du pays profond, où circulent des voitures de dernière génération qui n’ont rien à voir avec la misère des Guinéens ? Des véhicules sur des routes complètement dégradées, pour ne pas dire inexistantes.

Pourtant, il y a quelques années, les soutiens d’un candidat affirmaient que leur champion avait réalisé plus de deux mille kilomètres de routes à travers le pays. Parcourez toute la Guinée : vous m’en direz des nouvelles de ces milliers de kilomètres de routes bitumées.

Quant au ventre, qui reste la plus grande préoccupation des Guinéens, il faut bien reconnaître que le prix du sac de riz coûte « de la tête aux pieds ». Justement, pour avoir quelques francs symboliques, les politiques sont accueillis dans la ferveur, aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

Et puisque les politiques savent que les populations ont faim, moutons, taureaux et poulets trinquent à chaque visite. Pour accompagner le festin, quelques billets de banque et des t-shirts sont jetés aux populations, en attendant la prochaine campagne électorale.

Les chefs religieux et les sages ne sont pas oubliés : eux aussi sont salués avec déférence.

C’est également la période où les vendeurs de colas font le plein :  pour le dire en un mot comme en mille, l’heure de la pluie des promesses a sonné.

Certains politiques vont même jusqu’à se rapprocher de Dieu dans la fausseté, promettant que, s’ils sont élus, villages et villes auront de nouvelles mosquées.

Alors, chers compatriotes, faites attention aux vendeurs d’illusions et ne vous laissez surtout pas séduire par des discours creux.

Mohamed Soumah