Conakry : une cinquantaine de journalistes formés sur l’intelligence artificielle pour une couverture électorale responsable
Une cinquantaine de professionnels des médias guinéens ont entamé ce lundi, à Conakry, une formation de trois jours consacrée au thème : « L’intelligence artificielle au service des médias pour une couverture électorale efficiente et responsable : outils, méthodes et pratiques ».
L’initiative, portée par l’Association guinéenne des éditeurs de la presse en ligne (AGUIPEL) avec l’appui du Système des Nations Unies, intervient à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 28 septembre.
Un contexte électoral exigeant
Dans son discours de bienvenue, Amadou Thiam Camara, président de l’AGUIPEL, a rappelé l’importance d’outiller les journalistes dans un environnement marqué par la rapidité de l’information, la montée de la désinformation et la sensibilité du contexte préélectoral.
« L’heure du numérique impose aux journalistes de nouvelles exigences. Les risques de manipulation, de rumeurs et de discours de haine sont réels. L’intelligence artificielle peut être un atout majeur, à condition d’être utilisée de manière éthique et responsable », a-t-il déclaré.
Camara a souligné que cette formation vise notamment à renforcer le fact-checking, la veille médiatique, l’analyse des tendances, ainsi qu’à promouvoir l’usage responsable des outils technologiques dans le traitement de l’information électorale.
Le soutien du Système des Nations Unies
Au nom du Système des Nations Unies en Guinée, Magdalena Pećon-Monti, présidente du Groupe de communication des Nations Unies dans le pays, a rappelé que l’IA représente à la fois une chance et un défi pour les démocraties modernes.
Elle a rappelé les Principes mondiaux pour l’intégrité de l’information lancés par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, reposant sur :
• la résilience des sociétés,
• l’existence de médias libres et pluralistes,
• la transparence,
• des plateformes numériques plus sûres,
• et l’accès à une information fiable.
« En période électorale, les manipulations informationnelles peuvent fragiliser la cohésion sociale et affaiblir la confiance dans les institutions. Il est donc essentiel de renforcer les compétences numériques des journalistes et de promouvoir une culture de vérification », a-t-elle insisté.
Le gouvernement mise sur une presse professionnelle
Présent à l’ouverture, le ministre de l’Information et de la Communication, Fana Soumah, a salué une initiative en phase avec les réformes engagées par les autorités pour moderniser le secteur médiatique.
« L’IA n’est pas là pour remplacer le journaliste, mais pour renforcer ses capacités. Votre mission reste d’informer avec rigueur, responsabilité et transparence », a affirmé le ministre, appelant les professionnels à respecter la déontologie et la législation en vigueur.
Il a également rappelé l’engagement du gouvernement, sous la direction du président de la République, Mamadi Doumbouya, en faveur d’un journalisme libre, indépendant et respectueux de l’éthique.
La HAC met en garde contre les dérives numériques
Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a salué l’intégration du numérique et des réseaux sociaux dans les textes régissant la communication en période électorale, notamment dans la décision encadrant la campagne du 28 septembre.
« L’intelligence artificielle ouvre des opportunités, mais pose aussi des défis. Les journalistes doivent faire preuve de responsabilité, car la moindre erreur peut avoir un impact massif », a-t-il averti.
Il a assuré que la HAC bientôt remplacée par la nouvelle Commission de régulation de la communication et de l’audiovisuel veillera à la sécurité et à la protection des journalistes avant, pendant et après le scrutin.
Trois jours de travaux intensifs
Durant ces trois jours, les participants bénéficieront :
• de sessions théoriques,
• d’exercices pratiques et simulations,
• de travaux collaboratifs,
• et de l’élaboration d’une charte éthique sur l’usage de l’IA dans le journalisme électoral.
La formation vise à doter les journalistes d’une véritable « boîte à outils » pour renforcer la qualité du traitement de l’information durant la période électorale
Daouda Yansané
625 55 82 70
