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L’enseignement pré-universitaire en Guinée : une crise nourrie par l’hypocrisie et le manque de considération

L’enseignement pré-universitaire guinéen traverse aujourd’hui une crise profonde, nourrie non seulement par le manque de moyens matériels, mais aussi par des hypocrisies internes qui freinent sa progression. Cette réalité, souvent passée sous silence, constitue pourtant l’un des principaux obstacles au bien-être des enseignants et à la qualité de l’éducation offerte aux élèves.

D’abord, un décalage frappant existe entre les discours officiels et les pratiques réelles. On proclame haut et fort que l’enseignant est « le pilier du développement », mais sur le terrain, il est souvent négligé, incompris, voire culpabilisé lorsqu’il revendique ses droits. Cette contradiction constante crée un climat de méfiance et entretient un profond mal-être chez les éducateurs.

Ensuite, certaines pratiques internes affaiblissent davantage le système. Les décisions sont parfois guidées par des intérêts personnels plutôt que par la volonté d’améliorer l’école. Des enseignants dévoués se retrouvent marginalisés, tandis que ceux qui privilégient la complaisance sont favorisés. Cette attitude hypocrite décourage l’effort, étouffe l’excellence et nourrit un sentiment d’injustice qui pèse lourdement sur la motivation collective.

Par ailleurs, cette hypocrisie institutionnelle engendre un cercle vicieux : un enseignant démotivé transmet moins d’énergie, moins de créativité et moins d’engagement à ses élèves. Or, l’élève devrait être au centre du système éducatif. Si les enseignants souffrent, c’est toute la chaîne éducative qui vacille, compromettant ainsi l’avenir du pays.

Pour sortir de cette impasse, il est essentiel d’adopter une politique éducative sincère, transparente et respectueuse. Valoriser réellement les enseignants, reconnaître leurs efforts et lutter contre les injustices internes permettraient de restaurer la confiance et de redonner à l’école guinéenne son rôle noble : former des citoyens éclairés et responsables.

En somme, l’enseignement pré-universitaire guinéen ne pourra progresser que si les hypocrisies qui l’entourent sont dénoncées et combattues. Le pays doit comprendre que l’enseignant n’est pas un obstacle, mais la clé de tout développement durable.
Georges Koly Guilavogui