Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ autour du projet Simandou, les Guinéens auront tout entendu. Des mots et rien que des mots qui, si vous ne faites pas attention, risqueront de vous couper le souffle.
Mais en réalité, qu’est ce qui se passe sur le terrain, entre les Guinéens pour la majorité des ouvriers et des Chinois, minoritaires mais qui dictent leur Loi.
En clair, les Guinéens sont sous la Loi du plus fort. Une Loi qui remplace la Loi du travail en Guinée, mais les ouvriers guinéens, épuisés par la peur, mais qui sont à la recherche du quotidien subissent en silence la Loi du plus fort. Ce, au vu et au su de ceux qui font la propagande des projets miniers et des plus hautes autorités de la Guinée. Licenciement abusif, salaires minables, excusez du peu la liste des traitements faits aux Guinéens par les Chinois est longue : « Chez nous, personne n’ose contester. Même quand l’État déclare un jour férié, on nous dit que cela ne concerne que les fonctionnaires », confie un employé sous couvert d’anonymat.
Une pratique qui tranche avec la législation guinéenne et illustre une dérive chinoise connue des autorités à tous les niveaux.
Ces Chinois qui font la pluie et le beau temps en Guinée ne donnent aucun répit aux travailleurs Guinéens. Même les jours fériés par le gouvernement guinéen, les chinois décrète leur Loi aussi sur les sites miniers pour dire que ce n’est pas un jour férié dans les entreprises minières. Des travaux difficiles pour un salaire minable.
Il est alors à se demander si une entreprise privée pouvait décider dans une République , à sa guise, de ce qui est férié ou non en République de Guinée. Cette distinction n’existe nulle part dans le Code du travail.
Un jour officiellement reconnu par les Lois guinéennes comme férié, chômé et payé sur toute l’étendue du territoire national, ne l’est pas dans les entreprises minières. Et ce n’est pas le très controversé Djiba Diakité qui ne cesse de pomper les oreilles des Guinéens avec des histoires à dormir débout qui dira le contraire.
Pourtant, la fonction publique, les banques, les entreprises, sociétés du secteur privé ne travaillent pas mais la Chine trouve une distinction nette entre les fonctionnaires et les salariés du privé.
Décidément, le Soleil de l’Empire du Soleil levant se lève partout, même sur le sol guinéen. Les minerais de la bauxite obligent.
En tout cas en Guinée, les jours fériés s’appliquent à tous les travailleurs et le communiqué qui émane de l’Etat à cet effet à travers le Ministère du Travail et de la Fonction publique précise et parle du secteur public, privé et du secteur mixte et informel. Le texte sur la Loi est sans équivoque : « les jours déclarés fériés, chômés et payés s’appliquent à tous les employeurs et travailleurs sur toute l’étendue du territoire national. »
Que ce soit en Guinée ou en Chine, le repos pour les travailleurs est un droit garanti par la loi et les Chinois qui s’en balancent doivent comprendre que le non-respect constitue une violation grave du droit des travailleurs.
Autrement dit, aucune entreprise, si influente soit-elle en Chine, ne peut s’exempter de cette obligation.
Mais en Guinée, tout porte à croire que l’autorisation expresse est donnée par les autorités compétentes, puisque aucune amende administrative n’est infligée aux Chinois pour non-respect du code légal.
Autre drame avec les Chinois, c’est que des rappels de salaires majorés pour les employés contraints de travailler les jours fériés encore moins des dommages et intérêts n’est appliqué par la Chine qui a étendu ses tentacules sur la bauxite et les métaux précieux de la Guinée.
Parlant de la Loi, les dossiers de l’exploitation des Guinéens par des Chinois n’atterrissent jamais devant le Tribunal du travail. L’impunité est garantie pour la République Populaire de Chine en République de Guinée.
Une République qui pour ne pas être vue se cache derrière des sociétés écrans et autres S.A.
La contrainte et le mépris des droits sociaux restent la règle d’or chez les entreprises chinoises”.
Dans un pays où la corruption et les pots-de vins sont érigés en système de gestion, les multinationales ont fait des Guinéens des enclaves.
Ces multinationales profitent de la corruption et de la faiblesse de l’État pour imposer leur propre Loi à ses travailleurs.
Inutile de se demander si l’Inspection générale du travail pourrait être saisie pour vérifier la conformité des pratiques chinoises pour s’assurer que les droits élémentaires des Guinéens n’ont pas été bafoués.
En tout cas, les Chinois du Projet Simandou ne se gênent vraiment pas. Des licenciements ont commencé du site du projet en région forestière jusqu’au port minéralier de Moribayah dans la préfecture de Forécariah.
Ils sont sans doute plusieurs milliers de personnes qui se retrouvent sur le carreau avec des entreprises et sociétés Chinoise qui ont procédé à des licenciements massifs des premiers travailleurs du Projet Simandou.
Ces licenciements massifs ne sont jamais accompagnés par un règlement ne serait-ce qu’à l’amiable entre autorités Chinoises sur le terrain et les travailleurs guinéens qui ont passé à trimer plusieurs années dans les sociétés chinoise..
En tout cas, la Chine défend ses intérêts. Ce qui est tout à fait normal.
Il appartient à la Guinée d’exiger du sérieux aux Chinois qui ne badinent vraiment pas avec la Loi de leur pays.
Que dire de la 𝐅𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 des cadres et ouvriers Guinéens ?
Rien du tout, en tout cas des suggestions des cadres Guinéens pour la :
– Création d’instituts techniques miniers cofinancés en Guinée.
– Formations certifiantes obligatoires pour les travailleurs guinéens (maintenance, exploitation, sécurité, management).
Des suggestions sur les 𝐁𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐬𝐭𝐚𝐠𝐞𝐬
– Quotas annuels de bourses d’études en Chine pour ingénieurs et techniciens guinéens.
– Stages obligatoires et rémunérés pour étudiants guinéens sur les projets miniers.
𝐓𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐞𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬
– Binômes obligatoires expatrié–cadre guinéen sur chaque poste clé.
– « Guinéisation » progressive des postes techniques et de direction avec calendrier précis.
– Audits indépendants pour vérifier les transferts réels.
𝐄𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢𝐬 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐮𝐱
– Pourcentage minimum obligatoire de travailleurs guinéens à tous les niveaux,
– Interdiction de limiter les nationaux aux postes non qualifiés.
𝐅𝐨𝐮𝐫𝐧𝐢𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐮𝐱
– Identification, formation et accompagnement de PME guinéennes,
– Quotas de sous-traitance réservés aux entreprises locales qualifiées.
Toutes ces suggestions des Guinéens patriotes aux Chinois pour une 𝒄𝒐𝒐𝒑𝒆́𝒓𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒈𝒂𝒈𝒏𝒂𝒏𝒕–𝒈𝒂𝒈𝒏𝒂𝒏𝒕 sont ignorées par la Chine.
En lieu et place, c’est une 𝒆𝒙𝒑𝒍𝒐𝒊𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒃𝒊𝒆𝒏 𝒐𝒓𝒈𝒂𝒏𝒊𝒔𝒆́𝒆 des Guinéens par des Chinois.
Industrie des Tôles…
Pour ce qui est des entreprises chinoises impliquées dans la fabrication des Tôles, c’est pire, selon les ouvriers de ces industries. Les produits livrés aux Guinéens sont de très mauvaise qualité, témoigne un travailleur dans une usine de fabrication.
A titre d’exemple, partout où les Chinois écrivent sur les tôles huit (8) kg, les travailleurs témoignent que c’est six (6) kg. Sur les tôles de quatre (4) kg, en réalité c’est trois et demi (3;5) kg.
Contrairement à ce qui se passait autrefois, les tôles fabriquées par les Chinois ne défient pas le temps, comme les tôles par le passé, puisque l’industrie Chinoise en Guinée pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.
En attendant donc que les autorités guinéennes ne se réveillent, la Chine peut continuer à prendre la bauxite, le fer, l’or, le diamant et les autres métaux précieux dans l’impunité la plus totale.
Ousmane CISSE
