Conakry – La Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) demeure l’une des organisations syndicales les plus emblématiques et les plus anciennes du paysage éducatif guinéen. Forte de plusieurs décennies d’engagement, elle joue un rôle moteur dans la défense des droits des enseignants et dans l’amélioration du système éducatif national.
Une organisation ancrée dans l’histoire
Fondée en 1945, sous l’administration coloniale française, la FSPE est considérée comme le plus ancien syndicat de l’éducation en Guinée, bien avant l’accession du pays à l’indépendance en 1958. Elle s’est imposée au fil du temps comme une véritable institution syndicale, traversant les grandes étapes de la Guinée postcoloniale.
Affiliée à la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), la plus grande centrale syndicale du pays, la FSPE a connu plusieurs phases d’évolution. Après l’indépendance, elle a intégré les structures syndicales d’État avant de retrouver une autonomie revendicative plus affirmée avec l’avènement du multipartisme et la libéralisation syndicale dans les années 1990.
Sous le leadership de figures marquantes, dont Alpha Gassimou Barry par le passé, et aujourd’hui à travers son engagement au sein de l’Intersyndicale de l’Éducation, la FSPE demeure une force de proposition incontournable face aux autorités publiques.
Des acquis majeurs pour les enseignants
Les acquis de la FSPE se mesurent principalement à travers les protocoles d’accord conclus avec l’État guinéen, souvent obtenus à l’issue de longues négociations ou de mouvements de grève.
Parmi ses combats les plus emblématiques figure le Statut particulier de l’Éducation, qui définit les droits spécifiques des enseignants, leur carrière, leurs échelons et leurs avantages. La FSPE continue de militer pour sa révision et surtout pour son application effective sur toute l’étendue du territoire.
La fédération a également joué un rôle actif dans la revalorisation salariale, notamment à travers les négociations sur la valeur du point d’indice salarial, ainsi que dans l’obtention et la revalorisation de plusieurs primes, dont :
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la prime de craie,
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la prime de documentation et de préparation,
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les primes de zone, destinées à encourager l’enseignement en milieu rural.
Sur le plan de la carrière, la FSPE a œuvré pour le reclassement administratif de nombreux enseignants titulaires de diplômes supérieurs ou admis à des examens professionnels. Elle s’est également distinguée par son plaidoyer en faveur de l’intégration des enseignants contractuels communaux à la fonction publique, afin de résorber le déficit chronique d’enseignants.
Dialogue social et ouverture internationale
La FSPE bénéficie de partenariats internationaux, notamment avec des syndicats étrangers comme le SNES-FSU en France, permettant le renforcement des capacités de ses délégués en matière de négociation collective et de gouvernance syndicale.
Elle siège par ailleurs dans plusieurs instances nationales de concertation, contribuant aux réflexions sur les grandes réformes du système éducatif guinéen, notamment dans le cadre du Programme Sectoriel de l’Éducation (PSE).
Des défis persistants en 2025
En 2025, la FSPE continue d’afficher une ligne syndicale ferme sur plusieurs enjeux majeurs. Elle exige une révision en profondeur du Statut particulier de l’Éducation, afin de l’adapter au coût actuel de la vie. Elle dénonce également les accords conclus sans consultation de la base syndicale, qu’elle qualifie d’« accords non inclusifs ».
Par ailleurs, les revendications actuelles s’orientent vers des avantages sociaux plus concrets, notamment l’accès au logement et à des solutions de transport pour les enseignants.
La FSPE agit le plus souvent au sein de l’Intersyndicale de l’Éducation, aux côtés d’organisations comme le SNE et le SLECG, afin de renforcer son poids dans les négociations avec le Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A).
Cellule de communication et relations publiques de la FSPE – Guinée
