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L’ONU en capitulation morale permanente

Face à l’agression lâche et barbare des États-Unis contre la République souveraine du Venezuela, violation frontale, arrogante et cynique du droit international et de la Charte des Nations unies, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a une fois encore choisi la posture du lave-mains. Fidèle à son poncepilatisme dès qu’une grande puissance est mise en cause, il s’est borné à dire qu’il restait « profondément préoccupé par le fait que les règles du droit international n’avaient pas été respectées lors de l’action militaire du 3 janvier ». Une phrase molle, creuse, sans nerf, qui tient lieu de condamnation quand le courage devrait être de mise.
Jamais depuis sa création l’organisation mondiale n’avait connu un secrétaire général aussi frileux et aussi défaillant dans ses responsabilités. À soixante dix neuf ans, ce responsable portugais, installé à la tête de l’institution depuis 2017, incarne l’abdication érigée en méthode de gouvernance. Nous sommes à des années lumière de l’époque où certaines actions innommables suscitaient des condamnations fermes, claires et assumées. Aujourd’hui, tout se dilue dans un langage de précaution qui protège les agresseurs et humilie les agressés.
Avec Guterres, l’atonie, l’incohérence et l’absence de réaction face aux grands bouleversements du monde actent la déliquescence de ce « grand machin », pour reprendre l’expression du général de Gaulle. La question de l’utilité réelle de cette institution s’impose donc avec brutalité. À quoi sert une organisation financée par cent quatre vingt treize États membres si elle est incapable d’apporter la moindre réponse crédible aux crises qui lui sont soumises et si elle s’interdit de nommer les coupables lorsqu’ils sont puissants ?
Le cas du Mali en est une démonstration éclatante. Depuis août 2022, ce pays a saisi l’ONU pour des violations répétées de sa souveraineté par la France, incluant espionnage, survols réguliers de l’espace aérien et appui documenté à des groupes terroristes par la fourniture d’armes, de munitions et de renseignements. Cette plainte avec preuves dort dans les tiroirs d’une organisation qui détourne pudiquement le regard. Dans le même temps, la même ONU se prépare à bénir une coalition militaire prétendument chargée de sécuriser le Sahel, opération qui ressemble davantage à une légalisation de la prédation des ressources naturelles de l’AES par l’ancienne puissance coloniale qu’à une démarche de paix.
Le monde d’aujourd’hui est un immense théâtre d’illusions où les forts écrasent les faibles avec l’onction d’une organisation censée protéger tous ses membres. Tant que l’ONU continuera à trembler devant les puissants et à mépriser les plaintes des nations dominées, elle restera le symbole d’une justice internationale à géométrie variable. Une institution qui parle quand il faudrait agir, qui s’indigne à voix basse quand il faudrait condamner, et qui finit par trahir sa raison d’être en couvrant l’arbitraire sous le vernis de la diplomatie. Sa sœur jumelle est la CEDEAO !
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