
En l’espace de dix jours, deux nouveaux cas ont ravivé les tensions. La militante de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Néné Oussou Diallo, a été enlevée le 9 janvier, tandis que le fils d’un responsable du même parti a été kidnappé le 19 janvier 2026. Ces incidents s’inscrivent dans une série de disparitions qui touchent particulièrement des figures ou proches de figures engagées en faveur du retour à l’ordre constitutionnel.
Face à cette situation jugée « alarmante », les Forces vives de Guinée (FVG) sont montées au créneau. Dans un communiqué rendu public, cette coalition d’acteurs politiques et de la société civile a exprimé sa vive indignation, dénonçant des pratiques qu’elle qualifie de « barbares » et contraires aux libertés fondamentales.
Selon les FVG, ces enlèvements rappellent « les périodes les plus sombres de l’histoire du pays » et constitueraient, d’après elles, un moyen utilisé par les autorités de transition pour réduire au silence les voix critiques. La plateforme, dont plusieurs responsables vivent aujourd’hui en exil, estime que ces méthodes visent essentiellement des citoyens engagés en faveur de la démocratie et opposés à la confiscation du pouvoir.
Dans leur déclaration, les Forces vives condamnent fermement ce qu’elles décrivent comme des actes commis par une « junte illégitime en perte de repères ». Elles expriment leur solidarité avec les personnes enlevées, leurs familles ainsi qu’avec l’UFDG, tout en assurant le peuple guinéen de leur détermination à poursuivre la lutte pour le rétablissement des libertés publiques et de la démocratie.
Cette nouvelle vague d’enlèvements intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs disparitions non élucidées. Parmi les personnes toujours portées disparues figurent les activistes Foniké Mengué et Billo Bah, absents depuis le 9 juillet 2024, le journaliste Habib Marouane Camara, l’ancien secrétaire général du ministère des Mines Saadou Nimaga, le père du journaliste Babila Kéita, ainsi que les enfants de l’artiste engagé Elie Kamano.
Alors que les appels à la vérité et à la justice se multiplient, l’opinion publique reste suspendue aux réponses des autorités, dans un climat de crainte et d’incertitude grandissantes.