CRIEF : 10 ans de prison requis contre Ibrahima Chérif Bah en appel

Le procès en appel d’Ibrahima Chérif Bah est entré dans sa phase de plaidoiries et de réquisitions ce mardi 26 mai devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). L’avocat de l’État a plaidé en premier. Me Faya Gabriel Kamano a commencé par regretter l’absence persistante du prévenu tout au long de la procédure.

L’ex-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée n’a jamais comparu en première instance. Il ne s’est pas non plus présenté en appel, bien qu’il soit lui-même appelant, a rappelé l’avocat. Toutefois, celui-ci a estimé que le dossier était limpide et ne souffrait d’aucune ambiguïté.

Revenant sur l’historique des faits, Me Faya Gabriel Kamano a rappelé que des audits avaient été lancés sous le régime du CNDD.

Selon l’avocat, devant la commission d’audit de l’époque, Ibrahima Chérif Bah aurait reconnu avoir prélevé 10,5 millions de dollars dans les caisses de l’État sans autorisation préalable. Il aurait alors soutenu avoir agi sur instruction de l’ancien président de la République, feu le Général Lansana Conté, sans toutefois être en mesure de produire un élément justificatif de cette instruction, a regretté l’avocat.

Afin d’éviter de longues plaidoiries, Me Faya Gabriel Kamano a déposé des écritures devant la Cour. Il a ainsi conclu en indiquant qu’il s’en remettait à celles-ci.

Le ministère public a ensuite présenté ses réquisitions. Le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a d’abord sollicité que l’arrêt à intervenir soit réputé contradictoire, au motif que le prévenu avait été régulièrement informé de la procédure et cité à comparaître, mais qu’il ne s’était pas présenté.

Considérant que l’ancien responsable public est poursuivi pour un cumul d’infractions, le parquet a demandé l’application de la peine la plus sévère.

Alphonse Charles Wright a ainsi requis une peine de dix ans d’emprisonnement contre le prévenu, ainsi que le maintien de la saisie de ses biens au profit de l’État guinéen, sur le fondement des articles 93 et 94 du Code pénal ainsi que de l’article 599 du Code de procédure pénale.

À l’issue des plaidoiries et des réquisitions, la chambre des appels, présidée par le juge Francis Kova Zoumanigui, a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 9 juin 2026.

Pour rappel, l’ex-gouverneur de la BCRG avait été condamné en première instance, le 5 mai 2025, à cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 5 milliards de francs guinéens pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et abus de fonction.

Daouda Yansané