Fiscalité : le CREDAF plaide pour des administrations plus résilientes face aux crises

Après trois jours d’échanges consacrés aux défis de la fiscalité moderne, la 39e Conférence annuelle du Centre de rencontres et d’études des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF) s’est achevée à Conakry sur un appel à renforcer la résilience des administrations fiscales face aux crises économiques, technologiques et géopolitiques.

La cérémonie de clôture a été marquée par un plaidoyer en faveur d’une approche plus intégrée de la fiscalité, prenant en compte les mutations profondes qui affectent les économies et les finances publiques à l’échelle mondiale.

Dans son intervention, la représentante du CREDAF a souligné que les réflexions menées au cours des travaux ont mis en évidence la nécessité de dépasser une vision strictement technique de l’impôt. Selon elle, les enjeux fiscaux sont désormais étroitement liés aux dynamiques géopolitiques, aux évolutions juridiques, aux impératifs environnementaux ainsi qu’aux transformations économiques.

Elle a estimé que les débats ont démontré l’importance d’anticiper les mutations en cours afin de bâtir des systèmes fiscaux capables de répondre efficacement aux défis futurs.

La responsable a également salué la contribution des délégations venues de plusieurs pays membres du réseau francophone, notamment la Guinée, le Maroc, la France, le Canada, la Belgique et l’Uruguay. Elle a relevé que la capitale guinéenne a servi de cadre à une réflexion collective sur les moyens de renforcer la mobilisation des ressources intérieures et de consolider la souveraineté financière des États.

La gestion des risques au cœur des recommandations

Présidant la cérémonie de clôture au nom de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le secrétaire général du département, Mamadou Condé, a salué la qualité des échanges ainsi que la pertinence des conclusions formulées par les experts et responsables fiscaux réunis à Conakry.

Pour lui, les discussions ont confirmé le rôle central du CREDAF dans l’accompagnement des administrations fiscales engagées dans des processus de modernisation et de transformation.

Le responsable a notamment insisté sur la nécessité pour les administrations fiscales de mieux maîtriser les risques susceptibles d’affecter leur fonctionnement et leurs performances. Les travaux ont mis en lumière l’importance du civisme fiscal, de la fiabilité des systèmes d’information et de la valorisation du capital humain comme leviers essentiels de résilience.

Il a également souligné que la coopération internationale et le partage des bonnes pratiques apparaissent désormais comme des facteurs déterminants pour faire face aux crises et améliorer l’efficacité des administrations fiscales.

Une priorité pour la Guinée

Mamadou Condé a rappelé que la mobilisation des ressources intérieures et le renforcement de la gouvernance publique figurent parmi les priorités du gouvernement guinéen.

Selon lui, les réformes engagées sous l’impulsion du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, visent à consolider la souveraineté financière et économique du pays tout en améliorant les performances des régies financières.

Il a par ailleurs considéré que le choix porté sur Conakry pour accueillir cette rencontre internationale constitue une reconnaissance des efforts entrepris par la Guinée en matière de modernisation de son administration fiscale.

Une approche systémique pour anticiper les crises

Au terme des travaux, les participants ont adopté plusieurs recommandations destinées à renforcer la capacité des administrations fiscales à faire face aux chocs et aux situations de crise.

La principale conclusion de la conférence préconise l’adoption d’une approche systémique de la gestion des risques. Cette orientation vise à permettre aux administrations d’anticiper davantage les crises, d’en réduire les conséquences sur les recettes publiques et de garantir la continuité des services fiscaux.

Les participants ont convenu que la gestion des risques doit désormais être pleinement intégrée aux mécanismes de gouvernance des administrations modernes. Ils ont également insisté sur la nécessité de développer des dispositifs permanents de prévention, de préparation et de réponse aux crises.

À travers ces recommandations, les membres du CREDAF affichent leur volonté de placer la résilience au cœur des politiques fiscales, avec pour objectifs la sécurisation des recettes intérieures, la continuité du service public et le renforcement de la souveraineté financière des États.

La clôture de cette 39e Conférence annuelle ouvre ainsi une nouvelle étape dans la coopération fiscale francophone, avec l’ambition de construire des administrations plus performantes, plus innovantes et mieux préparées aux défis d’un environnement mondial en constante évolution.

Alkhaly Condé