Le parquet du Tribunal criminel de Dixinn requiert dix ans de réclusion criminelle dont cinq ans de période de sureté contre le colonel Bienvenu Lama
Les représentants du parquet ont, à tour de rôle, fondé leur argumentation sur les éléments objectifs du dossier, les preuves contradictoirement débattues à l’audience ainsi que sur la responsabilité du supérieur hiérarchique, afin de démontrer la culpabilité de l’accusé.
Selon les magistrats du parquet, le crime contre l’humanité reproché à l’officier de gendarmerie est bel et bien constitué, au regard notamment d’une attaque systématique et délibérée contre une population civile désarmée.
Les représentants du ministère public ont soutenu qu’il existait un lien de subordination entre le colonel Bienvenu Lamah et les recrues ayant quitté le camp de Kalia pour venir perpétrer les exactions au stade du 28-Septembre.
Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn, Elhadj Sidiki Camara, a demandé au tribunal de « requalifier les faits de complicité d’abus d’autorité, de meurtres, d’assassinats, de viols, de coups et blessures et de violences volontaires, prévus et punis par les articles 19, 20, 775, 206, 208, 268 et 231 du Code pénal, en crime contre l’humanité sur la base de la responsabilité pénale du supérieur hiérarchique militaire telle que prévue par les dispositions des articles 194, 195, 196, 197, 198 et 199 du Code pénal ainsi que des articles 7, 25, 27, 28, 29 et 30 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale du 17 juillet 1998 ».
Par ailleurs, il a demandé au tribunal, pour la répression, de condamner l’accusé, Bienvenu Lamah, « à 10 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de cinq ans, le tout en application des dispositions des articles 6, 114, 116, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 206, 207, 267, 268, 269, 232, 233, 234, 235 et 236 du Code pénal, des articles 2 et 405 du Code de procédure pénale, ainsi que des articles 7, 25, 27, 28, 29 et 30 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale du 17 juillet 1998 » : « Si vous le faites, Monsieur le Président, vous aurez rendu une justice saine, vous aurez rendu une justice que le peuple tout entier attend. ».