Affaire Bella Bah : le grand imam de la mosquée Fayçal appelle à la clémence des autorités

Conakry, 11 août 2026-Après l’interpellation de l’activiste Bella Bah à Conakry, une voix majeure de la communauté religieuse guinéenne appelle à l’apaisement. Elhadj Mamadou Saliou Camara, grand imam de la mosquée Fayçal, affirme avoir pardonné à l’activiste et demande aux autorités de faire preuve de clémence à son égard.

Bella Bah a été conduit à la Direction de la police judiciaire (DPJ) à la suite de propos considérés comme injurieux à l’encontre du dignitaire religieux. Dans une intervention accordée ce mardi à nos confrères d’Africaguinée, Elhadj Mamadou Saliou Camara, âgé de plus de 80 ans, a choisi de privilégier le pardon et la réconciliation.

Le grand imam dit ne nourrir aucun ressentiment envers l’activiste, qu’il considère comme son fils au même titre que les autres fidèles et citoyens placés sous sa responsabilité morale.« J’ai pardonné à Bella Bah. Il est mon fils, un Guinéen, il n’est qu’un enfant », a-t-il déclaré, estimant qu’un guide religieux doit avant tout privilégier l’éducation et la compréhension face aux erreurs de ceux qu’il encadre.

Pour le dignitaire religieux, l’incident ne doit pas être transformé en affrontement personnel susceptible d’entraîner des conséquences plus lourdes. Il insiste notamment sur la nécessité de ne pas donner à cette affaire une dimension communautaire ou politique.

Elhadj Mamadou Saliou Camara rappelle d’ailleurs que Bella Bah s’était déjà attaqué publiquement à d’autres responsables religieux issus de différentes communautés, citant notamment Elhadj Alsény Barry. Il invite ainsi les Guinéens à ne pas céder aux interprétations susceptibles d’alimenter les divisions ethniques.

Un appel direct aux autorités

Au-delà du pardon personnel, le grand imam de la mosquée Fayçal adresse un message clair aux autorités publiques : il ne souhaite pas que Bella Bah soit maintenu en détention ou fasse l’objet de mesures sévères en son nom.

« Je demande aux autorités aussi de pardonner. Je ne veux pas qu’on retienne Bella Bah à cause de moi », a-t-il insisté, évoquant même la possibilité que le jeune activiste puisse, à l’avenir, jouer un rôle important dans la société.

Le religieux appelle donc les pouvoirs publics à éviter toute escalade et à privilégier une réponse fondée sur la retenue et la pédagogie.

Cette prise de position intervient alors que l’interpellation de Bella Bah suscite des réactions dans l’opinion. En choisissant publiquement la voie du pardon, le grand imam entend manifestement empêcher que l’affaire ne se transforme en source de tensions supplémentaires.

Son intervention remet ainsi au premier plan la question du rôle des autorités religieuses dans la préservation de la cohésion sociale. En appelant à dépasser l’affrontement et à privilégier le dialogue, Elhadj Mamadou Saliou Camara plaide pour une gestion apaisée de cette affaire et pour la préservation de la paix civile.

Alkhaly Condé