TPI de Dixinn : le parquet requiert un an de prison contre Bella Bah, verdict attendu le 19 août

Le procès de l’activiste Abdourahmane Bella Bah s’est poursuivi ce lundi 17 août au Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, à Conakry. L’audience a été consacrée aux réquisitions du ministère public, aux plaidoiries de la défense ainsi qu’au dernier mot du prévenu.

Poursuivi pour injures et diffamation par le biais d’un système informatique, Bella Bah risque une peine d’un an d’emprisonnement. C’est en tout cas la sanction requise par le procureur, qui a demandé au tribunal de le déclarer coupable des faits qui lui sont reprochés.

Le parquet retient une intention délibérée

Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a estimé que les propos attribués à Bella Bah n’avaient pas été tenus par inadvertance. Selon lui, le prévenu avait pleinement conscience de la portée de ses déclarations.

Le procureur a notamment soutenu que Bella Bah, présenté comme un intellectuel, savait choisir ses mots et avait agi en connaissance de cause. Pour le parquet, les déclarations incriminées relèvent de l’imputation et de l’allégation.

L’accusation a également insisté sur la protection de l’honneur et de la dignité des personnes. Elle considère notamment que qualifier quelqu’un de « corrompu » est susceptible de porter atteinte à sa réputation.

Le ministère public a par ailleurs rappelé que la liberté d’expression, bien que protégée, n’est pas sans limites. Pour le procureur, elle ne saurait justifier les propos portant atteinte à la dignité d’autrui.

Tout en sollicitant une déclaration de culpabilité, le parquet a invité Bella Bah à présenter des excuses sincères et à prendre l’engagement de ne pas récidiver.

La défense plaide la relaxe

Face aux réquisitions du parquet, les avocats de Bella Bah ont demandé sa relaxe, estimant que les éléments constitutifs des infractions poursuivies ne sont pas réunis.

À titre subsidiaire, la défense a sollicité l’octroi de larges circonstances atténuantes. Dans l’hypothèse où le tribunal retiendrait la culpabilité de leur client, les avocats ont demandé qu’une éventuelle peine soit assortie du sursis.

Bella Bah nie toute volonté de diffamer

Invité à prendre la parole en dernier, Bella Bah a rejeté toute intention d’injurier, de calomnier ou de diffamer qui que ce soit.

Pour défendre sa bonne foi, il a notamment mis en avant son parcours d’entrepreneur et d’éducateur, ainsi que son engagement auprès de la jeunesse. Il a indiqué former plus de 400 élèves et encadrer une trentaine de personnes.

Le prévenu a reconnu que ses propos pouvaient éventuellement avoir été compris ou interprétés différemment, mais a maintenu qu’il n’avait jamais voulu porter atteinte à l’honneur d’une personne.

Après les réquisitions du ministère public, les plaidoiries de la défense et le dernier mot de Bella Bah, le tribunal a mis l’affaire en délibéré.

Le verdict est attendu le mercredi 19 août 2026.

Daouda Yansané