La France a demandé jeudi une enquête indépendante et transparente de la justice guinéenne sur une fosse commune découverte récemment dans le sud-ouest du pays. « La France fait part de sa vive émotion à la suite de la découverte de six corps dans une fosse commune, le 24 août dernier dans la préfecture de Forécariah, en Guinée », a déclaré le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères. « Elle appelle à ce que l’enquête qui a été ouverte par la justice guinéenne soit menée en toute indépendance et en toute transparence », a-t-il ajouté.
Les corps de six hommes ligotés et les yeux bandés ont été découverts lundi dans une fosse commune par des jeunes qui ramassaient du bois dans la sous-préfecture d’Allassoyah, située dans la préfecture de Forécariah. Deux collectifs, le mouvement citoyen « Tournons la page-Guinée » (TLP-Guinée) et le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), formé de partis, de syndicats et d’ONG, ont réclamé que la lumière soit faite sur cette affaire.
« Exécutions extrajudiciaires »
Les avocats du FNDC affirment que la découverte des six corps ne peut qu’« appeler l’attention sur l’hypothèse, à ce stade non vérifiée mais qui ne saurait être écartée, d’une exécution extrajudiciaire visant des personnes considérées comme des opposants au régime » guinéen. TLP-Guinée affirme pour sa part documenter « de nombreux signalements faisant état d’exécutions extrajudiciaires présumées de civils et d’agents de l’État soupçonnés de déloyauté » depuis la prise du pouvoir par une junte militaire en septembre 2021 et se demande si la découverte de Forécariah s’inscrit « dans cette série ».
Source:Sud Ouest