Kamsar : une mère de trois enfants victime d’une excision forcée à Katchèk, sept suspects interpellés
KAMSAR – Une affaire présumée d’excision forcée suscite une vive émotion dans la préfecture de Boké. Une femme d’une trentaine d’années, mère de trois enfants, aurait été soumise de force à cette pratique le mercredi 26 août 2026 sur les îles Katarack, dans la localité de Katchèk, relevant de la sous-préfecture de Kanfarandé. Sept personnes, toutes de nationalité sierra-léonaise selon les premières informations, ont été interpellées dans le cadre de cette affaire.
Selon des témoignages recueillis auprès de sources locales, la victime, identifiée comme Yelikha Yattara, aurait été poursuivie à travers plusieurs concessions avant d’être rattrapée par un groupe de personnes. Elle aurait ensuite été emmenée de force et excisée par des individus qui se seraient organisés à l’avance pour commettre cet acte.
Après l’incident, la jeune femme a été transportée en urgence au poste de santé de l’île de Katchèk pour recevoir les premiers soins.
Cette affaire présente toutefois une particularité : des membres de la famille de la victime soutiennent que celle-ci avait déjà subi une excision auparavant. Une version qui, selon les mêmes sources, serait contestée par les personnes soupçonnées d’avoir participé à l’acte, lesquelles auraient estimé qu’elle n’avait pas été excisée.
Alertées, les forces de sécurité, avec l’appui de citoyens, sont intervenues pour mettre la victime et les personnes présumées impliquées à l’abri. Tous ont été conduits par pirogue jusqu’au port de pêche de Kamsar.
Ils ont ensuite été entendus par la Gendarmerie maritime avant d’être transférés au commissariat central de Kamsar pour les besoins de la procédure judiciaire.
À son arrivée à Kamsar, la victime aurait été orientée vers l’hôpital ANAIM afin de subir un examen médical approfondi et permettre l’établissement d’un certificat médical, susceptible d’apporter des éléments importants à l’enquête.
Les sept personnes présumées impliquées sont actuellement retenues au commissariat central de Kamsar. Une enquête a été ouverte afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cette affaire, de vérifier les différentes versions avancées et d’établir les responsabilités éventuelles.
Cette affaire remet une nouvelle fois au centre du débat la lutte contre les mutilations génitales féminines, une pratique interdite et sanctionnée par la loi guinéenne.
Alkhaly Condé