À l’approche de la rentrée scolaire, la question du recrutement et de l’intégration des enseignants contractuels revient au cœur des discussions entre le gouvernement et les organisations syndicales du secteur de l’éducation.
Le débat porte notamment sur l’interprétation de l’article 7 du protocole d’accord tripartite signé le 3 janvier 2026. Alors que l’Intersyndicale de l’Éducation estime que les engagements pris en faveur des enseignants contractuels ne sont pas respectés, le gouvernement maintient que le recrutement doit passer par les procédures prévues par les textes, notamment les concours.
Au centre de cette controverse figure donc une question : l’article 7 prévoit-il une intégration directe des enseignants contractuels ou leur accorde-t-il une priorité dans le cadre de prochains recrutements ?
Ce que prévoit l’article 7
Selon le texte du protocole d’accord, les enseignants contractuels ayant participé aux évaluations pratiques doivent voir leur situation examinée « en priorité lors du prochain engagement ».
Le même article indique, concernant les contractuels de Conakry, qu’ils sont appelés à « se préparer pour les prochains concours […] pour lesquels ils seront prioritaires à l’enregistrement ».
Ces dispositions établissent ainsi une distinction entre priorité et dispense de concours.
À la lecture de ces passages, le protocole mentionne une priorité accordée aux contractuels concernés dans le cadre des prochains recrutements. En revanche, l’article 7, tel qu’il est formulé, ne prévoit pas explicitement une intégration automatique dans la Fonction publique ni une exemption générale des épreuves de sélection.
Cette distinction constitue le principal point de divergence entre les deux parties.
Une interprétation différente entre syndicats et gouvernement
L’Intersyndicale de l’Éducation considère que l’organisation des nouveaux concours, dans les conditions actuellement annoncées, ne correspond pas aux engagements pris dans le protocole d’accord. Les responsables syndicaux ont notamment dénoncé ce qu’ils considèrent comme une remise en cause des engagements concernant les enseignants contractuels.
Le gouvernement, de son côté, soutient que le protocole doit être appliqué conformément à sa lettre et que la notion de priorité ne signifie pas une intégration automatique.
Cette divergence d’interprétation intervient alors que les autorités annoncent une campagne de recrutement destinée à renforcer les effectifs enseignants.
Le concours au cœur du désaccord
La question du concours constitue désormais l’un des principaux points de tension.
Pour les autorités, le recrutement dans la Fonction publique doit respecter les procédures administratives en vigueur et reposer sur des critères de sélection applicables aux candidats.
Du côté syndical, la revendication porte notamment sur la prise en compte de l’expérience acquise par les enseignants contractuels déjà présents dans le système éducatif.
Le débat ne porte donc pas uniquement sur l’organisation d’un concours, mais également sur la manière d’interpréter la notion de « priorité » inscrite dans le protocole du 3 janvier.
Le gouvernement met en avant les engagements déjà réalisés
Parallèlement à la question du recrutement, l’Exécutif met en avant plusieurs mesures présentées comme faisant partie des engagements pris envers les travailleurs de l’éducation et les agents publics.
Il cite notamment la revalorisation de certaines primes, parmi lesquelles les primes de préparation, de craie et de documentation, ainsi que la révision des indemnités de transport et de logement. La mise en place d’une couverture médicale pour les agents publics est également évoquée.
Selon une source gouvernementale proche du dossier, citée par notre rédaction, les autorités considèrent que les engagements prévus dans les différents protocoles sont en cours d’exécution.« Le concours aura bel et bien lieu. À ce jour, l’ensemble des points des protocoles d’accord est scrupuleusement respecté, et les chantiers restants poursuivent leur cours normal. Il en va de la responsabilité de l’État et de la rigueur administrative », affirme cette source.
Une rentrée sous tension
À quelques jours de la rentrée scolaire, la divergence autour de l’interprétation de l’article 7 intervient dans un contexte syndical marqué par un rapprochement entre plusieurs organisations de l’éducation, notamment autour de Michel Pépé Balamou et d’Aboubacar Soumah.
L’Intersyndicale a fait part de ses préoccupations concernant le respect du protocole d’accord et évoqué la possibilité d’actions susceptibles d’affecter la rentrée scolaire.
Le point de désaccord demeure donc clairement identifié : le protocole accorde-t-il aux enseignants contractuels une priorité dans l’accès aux prochains recrutements ou leur garantit-il une intégration sans concours ?
À la lecture de l’article 7 cité dans le protocole du 3 janvier 2026, le terme « priorité » est explicitement utilisé, tandis qu’aucune disposition de cet article ne mentionne une dispense de concours ou une intégration automatique.
La poursuite du dialogue entre le gouvernement et les organisations syndicales devrait permettre de préciser les modalités concrètes d’application de cet engagement et, surtout, d’éviter que des interprétations divergentes du protocole ne viennent davantage perturber le calendrier scolaire.
Source: africaguinee