C’est avec une profonde tristesse et une réelle émotion que j’ai appris, depuis mon lit de malade, dans le même établissement hospitalier où il recevait également des soins, la disparition de M. Sidya Touré, mon grand frère et ancien Premier ministre de la République, que j’appelais affectueusement « LE FORY».
Sa disparition me touche d’autant plus que nos chemins se sont croisés à plusieurs moments importants de nos parcours d’hommes et dans la vie de notre pays.
Il a été le meilleur ami de notre bien-aimé feu Mamadi Diané, dont la disparition nous a profondément marqués et nous laisse encore inconsolables. Pour ma part, j’ai pour meilleur ami Mory Diané, le jeune frère de Mamadi. Nos familles respectives sont ainsi restées unies et solidaires.
J’ai eu l’honneur de servir au sein de son gouvernement, d’abord en qualité de ministre délégué chargé du Budget et de la Restructuration du secteur parapublic auprès du Premier ministre qu’il était, puis en tant que ministre de l’Économie et des Finances, également sous son magistère, à une époque où nous partagions la responsabilité du service de l’État et de la Nation.
La vie politique nous a ensuite placés, par la force des circonstances et de nos choix, dans des camps différents. Nous sommes ainsi devenus, malgré nous, des adversaires politiques. Mais les divergences, aussi profondes qu’elles aient pu être, ne sauraient effacer le respect dû à l’homme d’État qu’il fut, ni les souvenirs de la période où nous avons travaillé côte à côte au service de notre pays.
Avec le recul qu’impose la disparition d’un homme, je retiens surtout ce qui nous rassemblait : l’engagement pour la Guinée, le sens de la responsabilité publique et la conviction que, quelles que soient nos différences, nous appartenons tous à la même communauté et à la même histoire nationale.
Aujourd’hui, au-delà de la politique et de nos divergences d’hier, je m’incline avec respect et compassion devant sa mémoire.
À sa famille, à ses proches, à ses compagnons de route et à tous ceux qui l’ont aimé, j’adresse mes condoléances les plus sincères et les plus attristées.
Puisse Allah, dans Son infinie miséricorde, lui pardonner ses fautes, accueillir son âme dans Son vaste Paradis et accorder à sa famille la patience et la force nécessaires pour traverser cette douloureuse épreuve.
Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un.
Que son âme repose en paix.
Dr Ibrahima Kassory Fofana