Disparitions, justice et indépendance : Le Bloc Libéral exige des vérités et appelle à un dialogue inclusif
À l’occasion de la commémoration du 68ᵉ anniversaire de l’accession de la Guinée à la souveraineté nationale, le Bloc Libéral (BL) a tenu un point de presse ce mercredi 30 septembre à son siège de Lambanyi. Entouré de plusieurs cadres du parti, le président d’honneur et député Dr Faya Lansana Millimouno a saisi l’opportunité pour aborder les grands dossiers brûlants de l’actualité socio-politique guinéenne.
Bilan de l’indépendance : « Qu’avons-nous fait de cette liberté ? »
Le point de presse a débuté par un vibrant hommage rendu aux figures historiques qui ont marqué la lutte pour l’émancipation de la Guinée. Le parti a ainsi salué la mémoire de Jeanne-Martine Cissé, Fodéba Keïta, Saïfoulaye Diallo, ainsi que du premier président de la République, Ahmed Sékou Touré.
Rappelant le choix historique du peuple guinéen le 28 septembre 1958, Dr Faya Millimouno a invité à une introspection collective :« Le 28 septembre 1958, le peuple de Guinée a fait un choix historique qui a ouvert la voie à la proclamation de l’indépendance, quatre jours plus tard. Soixante-huit ans après, une question demeure : qu’avons-nous fait de cette liberté ? L’indépendance ne se mesure pas seulement à la souveraineté d’un État sur son territoire et ses ressources. Elle se mesure aussi à la liberté des citoyens, à leur sécurité, à leur dignité et à la justice. »
Droits humains : Lumière sur les disparitions et les drames récents
L’un des temps forts de cette communication a concerné la question sensible des disparitions de citoyens et la protection des droits humains. Le Bloc Libéral a insisté sur l’impératif de la vérité pour les familles endeuillées ou dans l’attente :« Les familles des personnes disparues ont droit à la vérité. Le Bloc Libéral demande aux autorités compétentes de poursuivre les investigations, d’identifier les victimes et d’établir les circonstances de ces disparitions. Lorsque cela est possible, les dépouilles doivent être restituées aux familles, dans le respect et la transparence. Derrière chaque disparu, il y a des proches qui attendent une réponse. »
Le parti s’est également attardé sur la découverte, le 24 août dernier, de six corps non identifiés à Sabakhouré (sous-préfecture d’Allassoyah, préfecture de Forécariah). Tout en respectant le secret de l’instruction, le BL exige une enquête menée avec diligence, indépendance, impartialité et transparence afin de situer les responsabilités.
Exigence d’un État de droit et d’une justice impartiale
Abordant le fonctionnement des institutions, le Bloc Libéral a réitéré sa vision d’une justice affranchie de toute influence :« La justice doit être protégée des pressions politiques, économiques et sociales. Chaque citoyen doit pouvoir se fier au juge, chaque investisseur au droit, et chaque administration agir dans le respect de la loi. L’État de droit ne doit pas rester une formule. Il doit se traduire dans la vie quotidienne, par l’égalité devant la loi, la protection des libertés et la confiance dans les institutions. »
Dialogue politique et apaisement
Sur le plan politique, le BL plaide pour l’ouverture d’un dialogue véritablement inclusif permettant d’aborder sans tabou les questions institutionnelles, électorales, judiciaires, économiques et sociales.
Dans cette dynamique d’apaisement et dans le strict respect de la Constitution, le parti suggère que des mesures soient examinées pour les personnes détenues dans des affaires à connotation politique, en s’appuyant sur les voies légales existantes : la grâce pour les condamnés définitifs ou la liberté provisoire pour les prévenus remplissant les conditions requises.
Les priorités pour une Guinée nouvelle
En conclusion, le Bloc Libéral a dressé sa feuille de route pour l’avenir du pays, articulée autour de plusieurs axes majeurs :
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Renforcer les institutions et promouvoir un dialogue politique inclusif.
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Faire toute la lumière sur les disparitions et accélérer l’indemnisation des victimes du 28 septembre 2009.
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Faire de la sécurité routière une priorité et garantir la protection des personnes et des biens.
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Investir massivement dans la jeunesse, l’emploi, la formation et donner de véritables leviers d’action aux collectivités locales.
Pour le parti de Dr Faya Millimouno, le combat est celui d’une Guinée idéale : « Une Guinée où nul n’a peur de ses opinions ; où la justice ne dépend ni du rang social ni de l’appartenance politique ; où les ressources naturelles servent le développement national ; et où les institutions sont assez fortes pour survivre aux hommes. »
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