Guinée : un opposant en exil réclame la libération de sa mère, enlevée dans l’est du pays

En Guinée, un opposant affirme que sa mère a été enlevée par un commando. Les faits se seraient déroulés le dimanche 11 octobre 2026, dans la préfecture de Beyla, à l’est du pays. Installé en France, Falikou Kourouma, qui se présente comme un membre du RPG, le parti de l’ancien président Alpha Condé, appelle à la libération immédiate de sa mère.

Selon des témoins contactés par RFI, Magnama Sagno a été enlevée dimanche à la mi-journée par des hommes en civil portant des cagoules. Vendeuse de boissons devant sa concession à Moribadou, elle aurait été invitée par un client à s’approcher d’un véhicule pour récupérer sa monnaie, avant d’être embarquée de force à bord de ce pick-up. Sur les réseaux sociaux, son fils, Falikou Kourouma, a publié une photo de sa mère accompagnée de ce message : « Nous demandons la libération de notre mama. »

Installé en France, Falikou Kourouma se présente comme un opposant au régime en place. Il est principalement actif sur les réseaux sociaux, où il utilise le pseudonyme Zoulouwane RPG, en référence au Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti d’Alpha Condé, dissous par les autorités en mars 2026.

« Ma mère ne doit pas payer à ma place »

Dans une vidéo diffusée mercredi, Falikou Kourouma a présenté ses excuses pour avoir insulté le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, dans un précédent message. Joint par RFI, il a déclaré : « Ma mère ne doit pas payer à ma place. Tout ce que je demande, c’est sa libération. »

Selon les informations recueillies par RFI, des gendarmes se sont rendus dans la concession familiale dès dimanche, et le procureur de Kankan a été informé de cet enlèvement.

Il s’agit du cinquième cas, en un an, d’enlèvement présumé de proches d’opposants vivant à l’étranger. Parmi les personnes concernées figurent le père du journaliste Mamoudou Babila Keita ; deux enfants ainsi que deux autres proches un frère et un neveu du chanteur Élie Kamano ; le fils du militant du RPG Ansou Damaro ; ainsi que la mère et la sœur de l’ancien ministre Tibou Kamara. Seules ces deux dernières ont été libérées.

Source : RFI