Système éducatif guinéen : le parent pauvre de la République…

En Guinée, l’école n’est plus le miroir, l’école n’est plus le lien du développement et la responsabilité n’est pas collective dans le cadre de la gestion des écoliers.
Justement, ‘adage, ‘’Tant vaut l’école, tant vaut la nation’’ n’exprime plus une idée fondamentale dans la vie de la Nation : le niveau, la qualité et la force de la Guinée ne dépendent plus de la valeur du système éducatif guinéen.
La proclamation des résultats de recrutement de 6 000 enseignants en est une parfaite illustration.
Alors que les écoles manquent cruellement d’enseignants, le concours a donné des résultats qui affligent les éducateurs.
Pour toute la République, votre quotidien en ligne Guineelive vous présente le résultat des admis…
Tenez-vous bien, pour la langue anglaise, 126 admis pour toute la République, alors que le monde est presque régi par la langue anglaise qui reste incontournable.
En Biologie, 125 admis pour toute la République, alors qu’en Chimie, il y a eu 30 admis. En Economie, 114 admis.
93 admis en ECM, 685 en EG et 107 en EPS.
Pire, 49 admis en Mathématiques, 31 en Physique et 25 en Philosophie pour toute la République.
En français, 184, Géographie, 65 admis ; Géologie, deux admis, Histoire 42 admis, le tout pour toute la République.
En Théologie en langue arabe, 9 admis Pendant ce temps, un seul admis en franco-arabe pour toute la République. Il est à se demander, la République compte combien d’écoles franco-arabes.
Avec la situation de l’école guinéenne, notamment les enseignants contractuels qui sont toujours laissés pour compte lors des recrutements, ils sont nombreux les parents et amis de l’école qui estiment que l’éducation est devenue juste une porte d’entrée à la fonction publique.
En tout cas, aucune disposition n’est prise pour contraindre les 6000 admis à être obligatoirement dans les salles de classe, puisqu’ils ont été recrutés au compte du système éducatif guinéen.
Les admis changent de département allègrement. Ce, au vu et au su du département de la Fonction publique qui facilite selon certaines indiscrétions le changement de département, mais aussi du ministère en charge de l’éducation nationale qui accueille les enseignants.
Que dire de ce que beaucoup de parents d’élèves appellent l’arnaque avec l’achat des tables-blancs, des papiers rames et autres.
En attendant d’avoir des responsables éclairés au département en charge de l’éducation nationale, il faut dire que l’école guinéenne va mal et par ricochet, la Guinée.

 

Mohamed SOUMAH