Les acteurs politiques et citoyens arrêtés au lendemain de l’élection présidentielle du 18 octobre sont accusés des pires infractions ( atteinte aux institutions de la République, participation à un mouvement insurrectionnel, troubles à l’État par la dévastation, menaces de violences et de mort par le biais d’un système informatique, production, diffusion et mise à disposition d’autrui de données de nature à porter atteinte à la dignité humaine ou à troubler l’ordre public etc.). Pour ces infractions, ils encourent de lourdes peines.
Mais curieusement, au lieu d’organiser un procès afin qu’ils répondent de leurs actes, on fait miroiter l’idée qu’ils peuvent être libérés dans le cadre d’un dialogue politique. Or, il a été soutenu que les preuves des infractions qui leur sont reprochées existent et seront présentées lors de leur procès.
La justice est indépendante et l’Exécutif ne se mêle pas des affaires judiciaires nous chante-t-on tous les jours. Dès lors, il est incongru d’évoquer une affaire judiciaire dans le cadre d’un éventuel dialogue politique.En réalité, c’est une preuve supplémentaire que cette affaire est purement politique et que les détenus sont des détenus politiques.
Il n’y a que les questions politiques qu’on règle politiquement ; les questions judiciaires devraient être réglées judiciairement. Mais la gymnastique politico- judiciaire peut contribuer à faire libérer les détenus, pourquoi pas ?
Me Mohamed Traoré, avocat à la Cour