CRIEF : le parquet spécial requiert 10 ans de prison et un mandat d’arrêt contre Oyé Guilavogui

Conakry, 10 juin 2026 – Les réquisitions et plaidoiries dans l’affaire opposant le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) à l’ancien ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, ainsi qu’ex-ministre de l’Environnement du régime d’Alpha Condé, Oyé Guilavogui, se sont tenues ce mercredi 10 juin 2026 devant la chambre de jugement de la juridiction.

Poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, notamment dans le dossier relatif à la gestion de 50 millions de dollars destinés à la relance de la Société des télécommunications de Guinée (SOTELGUI), l’ancien ministre était absent à l’audience.

Placée sous mandat de dépôt en avril 2022, la personne poursuivie avait obtenu, en 2023, une autorisation de sortie du territoire pour une durée de 30 jours afin de recevoir des soins médicaux en Tunisie.

Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par le substitut du procureur spécial, Ousmane Sanoh, a demandé à la Cour de déclarer Oyé Guilavogui coupable des faits de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux ».

Le parquet spécial a également requis une peine de 10 ans d’emprisonnement, assortie d’une amende de 50 milliards de francs guinéens, ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt à l’encontre du prévenu.

De son côté, l’Agent judiciaire de l’État, représenté par Me Pépé Antoine Lamah, a sollicité une saisie conservatoire des biens de l’ancien ministre. Il a également demandé à la Cour de confier la gestion de ces biens à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC).

Parmi les biens cités par le parquet figurent plusieurs parcelles situées à Sangoyah, Kipé et Kobaya, des résidences à Kindia et à Macenta, ainsi que des plantations d’hévéa et d’anacardiers dans la préfecture de Macenta.

À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré. La décision de la Cour est attendue le 1er juillet 2026.

Alkhaly Condé