CRIEF : Oyé Guilavogui écope de six ans de prison ferme, un mandat d’arrêt lancé contre l’ancien ministre
Conakry, 27 juillet 2026 – La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu, ce lundi 27 juillet, son verdict dans le dossier visant l’ancien ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Oyé Guilavogui. L’ex-membre du gouvernement d’Alpha Condé a été reconnu coupable des infractions de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
Les poursuites portaient sur la gestion d’un financement de 50 millions de dollars américains destiné à la relance de la Société des Télécommunications de Guinée (SOTELGUI). À l’issue des débats, la chambre de jugement de la CRIEF a condamné l’ancien ministre à six ans d’emprisonnement ferme et à une amende de deux milliards de francs guinéens.
La juridiction, présidée par le juge Alpha Camara, a également ordonné la délivrance d’un mandat d’arrêt contre Oyé Guilavogui. Ce dernier se trouve hors du territoire guinéen depuis 2023. Autorisé à quitter le pays pour une durée de 30 jours afin de suivre des soins médicaux en Tunisie, il n’a jamais regagné la Guinée à l’expiration de cette autorisation.
Dans sa décision, la Cour a en outre prononcé la confiscation de plusieurs biens attribués à l’ancien ministre au profit de l’État guinéen. Les biens concernés comprennent notamment des parcelles situées à Sangoyah, Kipé et Kobaya, des résidences à Kindia et à Macenta, ainsi que des plantations d’hévéa et d’anacardiers dans la préfecture de Macenta.
Sur le plan des réparations civiles, la CRIEF a condamné Oyé Guilavogui à verser cinq milliards de francs guinéens à l’État guinéen en guise de dommages et intérêts pour le préjudice subi.
Pour mémoire, le parquet spécial avait requis une peine plus lourde à l’encontre de l’ancien ministre. Il avait sollicité dix ans de réclusion, une amende de 50 milliards de francs guinéens, ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt, des réquisitions que la Cour n’a suivies que partiellement dans son jugement.