Bann728x90

Cellou Baldé, Ousmane Gaoual, Bah Oury… Cellou Dalein a-t-il finalement raison ?

Avec trois anciens lieutenants de Cellou Dalein Diallo dans l’actuel gouvernement, un secrétaire général d’un département ministériel et plusieurs autres cadres de second rang dans différentes entités de l’administration publique, les ex membres de l’UFDG sont bien servis. La stratégie consistant à débaucher les cadres du principal parti susceptible d’empêcher l’actuel numéro un du pays de rester au palais se poursuit. Ce qui est perçu par les militants comme un projet de démolition de l’UFDG, savamment orchestré au sommet. Peu à peu, ces militants deviennent comme une troupe sevrée de ses chefs. Même si le principal chef maintient la barque sur l’eau, malgré l’obsession de ceux qui veulent la faire couler.

Avec le recul, l’histoire est en train de donner raison à Cellou Dalein Diallo. La principale pomme de discorde entre lui et ses ex proches collaborateurs a pour origine l’obsession de certains de ces derniers d’exclure ceux qu’ils qualifiaient de « taupes du régime d’alors » : Fodé Oussou Fofana, Aliou Condé et Kélémodou Yansané. Le patron du parti a toujours réfuté ces accusations et réitéré sa confiance au trio mis en cause par « les siens ». Ce qui a irrité ces derniers.

Les derniers événements, avec à la clé, la nomination de Cellou Baldé (un troisième ténor de l’UFDG) comme ministre du CNRD, donnent finalement raison à Cellou Dalein Diallo. Ceux qui criaient au loup se sont avérés être les véritables loups. Montrant ainsi que c’est leur projet qu’ils attribuaient aux autres. C’est l’occasion qui fait le larron. Si Cellou Dalein avait cédé aux revendications de ceux qui ne voulaient voir que « les leurs » dans les instances dirigeantes du parti, il n’aurait eu que ses yeux pour pleurer aujourd’hui. Or, malgré les défections, parfois les moins attendues du monde, le parti parvient pour le moment à sauver les meubles grâce à la présence du trio Fofana, Condé et Yansané. Auquel il faut ajouter le désormais incontournable responsable de la cellule de communication, Souleymane Souza Konaté. Déjouant ainsi tous les pronostics.

En outre, le refus catégorique de Cellou de se séparer de ses trois fidèles compagnons balaye d’un revers de la main les allégations selon lesquelles l’UFDG est un parti ethnique. Car autant les militants issus du groupe ethnique du président sont nombreux, autant des responsables issus des autres communautés le sont au sein de cette formation politique. Ce qui est à la fois atypique et prometteur pour la démocratie dans ce pays. C’est la preuve que des Guinéens peuvent s’associer sur la base de leurs valeurs communes. La fidélité à toute épreuve du trio est la preuve, s’il en était besoin, que l’idée selon laquelle il faut privilégier son parent avant tout est totalement erronée. Avec, d’un côté, le trio Bah, Diallo et Baldé qui a rejoint le président et de l’autre le trio Fofana, Condé et Yansané qui a préféré l’opposant, l’assertion selon laquelle « on n’est jamais malmené que par les siens » se confirme. Cellou Dalein Diallo ne dira pas le contraire.

A l’exception d’Abdoulaye Bah, ce sont désormais des cadres issus d’autres communautés qui sont les principaux lieutenants du président de l’UFDG. Une situation qui constitue un démenti cinglant de la campagne menée par le RPG avant la présidentielle de 2010. Estimant que c’est la fin qui justifie les moyens, le parti d’Alpha Condé avait utilisé des moyens peu conventionnels pour présenter Cellou…

Inutile de dire que ces attaques avait suscité la peur et la méfiance vis-à-vis de l’homme et de son parti. En apprenant ces allégations, Cellou avait souffert dans son âme. Lui qui ne manque aucune occasion pour clamer et proclamer que le Guinéen ne doit être jugé que sur les actes qu’il pose et non sur son appartenant ethnique, régionale ou religieuse.

Certains observateurs estiment que cette posture d’équité et d’impartialité relève d’une naïveté et d’une utopie.

En revanche, pour ceux qui partagent les opinions de l’homme, cette posture est plutôt un idéal politique et démocratique qu’il faut défendre quel que soit le prix à payer.

 

Habib Yembering Diallo