Guinée : la DGE met en garde contre les campagnes anticipées sur le référendum, mais l’opposition dénonce une contradiction
Dans un communiqué lu vendredi soir à la télévision nationale, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, conjointement avec la Direction générale des élections (DGE), a interdit « l’organisation de campagnes relatives au référendum constitutionnel, initiées de manière unilatérale par certains citoyens sur le territoire national ».
La DGE rappelle que cette pratique constitue une violation de la loi L/2025/012/CNT fixant les modalités d’organisation du référendum constitutionnel, notamment en son article 17. Celui-ci précise que la campagne officielle ne peut s’ouvrir que 21 jours avant la date du scrutin et doit se clôturer 48 heures avant le vote. Les dates exactes d’ouverture et de clôture doivent être fixées par décret présidentiel, au moins 30 jours avant le scrutin.
L’institution électorale invite donc « l’ensemble des citoyens à s’abstenir de toute activité assimilable à une campagne » afin de se conformer aux dispositions légales.
Cependant, cette mise en garde ne vise pas la campagne de vulgarisation du projet de nouvelle Constitution actuellement menée sur l’ensemble du territoire par des membres du gouvernement et de hauts cadres de l’administration. Une situation dénoncée par plusieurs observateurs et acteurs politiques, qui y voient une contradiction.
Selon eux, alors que les principales figures de l’opposition — Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé — sont en exil, l’administration publique se trouve « au début, au milieu et à la fin » de la mobilisation autour du référendum. Certains cadres iraient même jusqu’à appeler publiquement le chef de la junte, Mamadi Doumbouya, à se présenter aux prochaines élections.
Pour les critiques, la question reste entière : de qui se moque-t-on réellement ?
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