C’est l’intérêt qui lie les Hommes. Un dicton populaire bien connu. Et en Guinée, face aux intérêts, les uns et les autres oublient l’essentiel. En ligne de mire, chacun chante le patriotisme. Un patriotisme vidé de son sens par ceux qui cherchent à vivre, peu importe la manière.
Pour avoir demandé simplement au chef de la junte Mamadi Doumbouya de tenir sa promesse du 05 septembre 2021 et les mois qui ont suivi, promesse selon laquelle, ils étaient venus juste pour balayer la maison Guinée et s’en aller, les gens sont qualifiés de renégat et de ceux qui sont contre les intérêts de la Guinée.
Pourtant dans son célèbre ouvrage, « Guerre et paix », le célèbre Léon Tolstoï affirmait et à juste titre que : « Dire qu’on aime son pays tout en brisant les rêves des autres au nom de cet amour est une haute trahison.
Le patriotisme ne consiste pas à crier sur les places ou à lever des drapeaux, mais plutôt à travailler silencieusement et inlassablement pour réformer le pays et faire revivre les valeurs qui nous rendent humains avant d’être citoyens..».
Toujours est-il que ce sont des siècles qui séparent cet auteur de la Guinée actuelle. N’en déplaise donc à ceux qui en veulent au Général autoproclamé.
Que reste-t-il de la Guinée du Général Mamadi Doumbouya ? Les détournements de deniers publics à grande échelle, les tueries, les disparitions forcées, la division des Guinéens, la manque d’argent ou de liquidité, c’est selon la définition du gouverneur de la banque centrale Karamo Kaba, les incertitudes d’un lendemain meilleur, excusez du peu, les Guinéens sont désabusés.
Et pour ne rien arranger, une constitution est taillée à la mesure du Général haut de ses deux mètres
Une constitution qui divise la Guinée et les Guinéens, parce que ceux qui sont appelés à faire de la politique sont laissés pour compte. En lieu et place des politiques, l’administration qui doit organiser des élections pour le chef de la junte.
Mais dans tout ça, l’argent qui est appelé pompeusement le « nerf e la guerre » se fait toujours rare. Mais jusqu’à quand pour permettre au Général et son administration d’organiser les élections à la date indiquée.
En tout cas, la communauté internationale et les partenaires de la Guinée observent avec circonspection cette situation surréaliste. Ils ne se sentent pas concernés, du moins pour le moment.
Mohamed SOUMAH
