1. Primo : l’échec du scrutin référendaire
L’organisation chaotique du vote a confirmé les alertes de l’UFDG, de l’ANAD et des Forces vives de Guinée, qui dénonçaient depuis plusieurs semaines l’amateurisme, le pilotage à vue et l’incompétence des agents électoraux. Plus encore, ce processus a révélé son caractère profondément exclusif, écartant systématiquement toute voix discordante.
La majorité du peuple guinéen a choisi de boycotter le scrutin. Quant à ceux qui se sont rendus aux urnes, ils ont constaté de graves dysfonctionnements : absence de bulletins de vote, de registres, d’enveloppes, de fiches de dépouillement et de procès-verbaux fiables. Autant de manquements qui, dans une démocratie fonctionnelle, auraient suffi à invalider purement et simplement le processus.
2. Secundo : un avertissement clair pour le Général Mamadi Doumbouya
Malgré les moyens colossaux mobilisés, malgré le débauchage de cadres et les tentatives de mobilisation à coups d’argent public, le faible taux de participation révèle une vérité implacable : les nouvelles recrues, notamment celles issues de l’UFDG, n’ont ni poids politique ni capacité à affaiblir le parti.
Chacun a pourtant été déployé dans sa ville, sa sous-préfecture ou son district, mais les résultats sont restés insignifiants. Certains ministres n’ont même pas réussi à rallier une partie de leur propre famille. La supercherie est désormais évidente : le Général Doumbouya a été trompé. Il lui appartient désormais de mesurer la gravité de la situation et de revenir aux fondamentaux d’une transition responsable : gérer les affaires courantes et organiser des élections libres, inclusives et transparentes, permettant aux Guinéens de choisir sereinement la personne appelée à conduire leur destinée.
3. Tertio : la seule voie possible, le dialogue
Les masques sont tombés. Il n’existe plus d’alternative crédible à l’ouverture d’un dialogue franc, honnête et constructif avec les acteurs politiques et sociaux véritablement représentatifs du peuple. L’objectif doit être de définir ensemble une feuille de route claire pour un retour rapide et apaisé à l’ordre constitutionnel.
Car lorsque la Guinée gagne, personne ne perd. Mais si l’entêtement prévaut et que l’on choisit de foncer droit dans le mur, il ne restera plus qu’à espérer que notre pays soit épargné par des lendemains incertains aux conséquences imprévisibles.
Souleymane Souza Konaté
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