Le bras de fer s’intensifie entre l’intersyndicale de l’éducation et les autorités guinéennes. Réunis en Assemblée générale extraordinaire, ce samedi 1er novembre à Conakry, le SLECG, la FSPE et le SNE ont lancé un ultimatum au gouvernement : des mesures concrètes doivent être prises d’ici mardi, faute de quoi une grève générale pourrait être déclenchée.
Des négociations dans l’impasse
Selon Kadiatou Bah, secrétaire générale du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), cette assemblée a été convoquée après plusieurs tentatives infructueuses de négociation avec le gouvernement.
« Nous voulions recueillir l’avis de la base sur l’éventualité d’un mouvement de grève », a-t-elle expliqué.
L’intersyndicale affirme avoir multiplié les démarches après le dépôt de sa plateforme revendicative, notamment à travers deux réunions au Conseil national du dialogue social. Mais ces rencontres, selon Kadiatou Bah, « n’ont pas été de véritables négociations ».
« Nous voulons l’ouverture d’un véritable couloir de négociation, pas un simple cadre de concertation. Si c’est pour nous écouter sans agir, cela n’a aucun sens », a-t-elle dénoncé.
D’après les syndicats, le gouvernement aurait invoqué l’organisation du référendum constitutionnel pour repousser les discussions, avant de laisser s’écouler plus de deux semaines sans suite.
Face à cette inertie, l’intersyndicale dit avoir relancé le ministre du Travail et de la Fonction publique, sans obtenir de réponse concrète.
Des revendications multiples et urgentes
Les syndicats rappellent que leur plateforme revendicative ne se limite pas à la révision du statut particulier des enseignants. Parmi les principaux points soulevés figurent :
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La régularisation de la situation des enseignants « bloqués » depuis décembre 2023, privés de leur salaire intégral ;
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La reconnaissance des enseignants contractuels, dont certains restent sans statut malgré plusieurs années de service ;
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L’amélioration des conditions de vie des enseignants retraités ;
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La restitution des primes injustement suspendues, selon l’intersyndicale.
« C’est inhumain de laisser des enseignants travailler sans salaire complet ou sans statut, alors qu’ils comblent les manques dans nos écoles », a fustigé Kadiatou Bah.
Rejet du pilotage des négociations par les centrales syndicales
L’intersyndicale a également rejeté la proposition du gouvernement de confier la conduite des négociations aux centrales syndicales nationales.
« Notre problème est sectoriel. Nous respectons nos aînés, mais l’intersyndicale de l’éducation doit gérer son propre dossier », a précisé la secrétaire générale du SLECG.
À la suite de ce refus, un second courrier aurait été adressé aux syndicats pour reprendre les discussions. Une nouvelle session de travail s’est tenue, mais elle aurait principalement porté sur la relecture d’un document déjà finalisé après trois semaines de travail avec des techniciens des ministères concernés.
Un ultimatum fixé au 15 novembre
Les syndicats attendent désormais des propositions concrètes du gouvernement, notamment des ministères du Budget et de la Fonction publique.
« Le mardi 4 novembre sera le moment de vérité. Nous voulons des réponses précises et des engagements chiffrés », a averti Kadiatou Bah, précisant que la base syndicale sera consultée avant toute décision finale.
De son côté, Aboubacar Soumah, doyen du SLECG, a été catégorique :« Si aucune avancée majeure n’est enregistrée, l’intersyndicale n’exclut plus l’option d’une grève générale à partir du 15 novembre 2025. »
Alkhaly Condé