Lancement du projet Simandou : Conakry paralysée par les embouteillages, forte mobilisation dans les zones minières

Conakry, 11 novembre-C’est une journée pas comme les autres que vit la capitale guinéenne. À l’occasion du lancement tant attendu du projet Simandou, l’un des plus grands chantiers miniers d’Afrique, Conakry s’est réveillée sous le signe de la ferveur… et des embouteillages monstres.

Dès les premières heures du lundi, les principales artères menant de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré à Kaloum étaient envahies par une circulation dense et étroitement surveillées par les forces de l’ordre. Se frayer un chemin relevait du défi. « On a mis plus de deux heures pour parcourir quelques kilomètres », confie un automobiliste coincé sur la route de l’aéroport.

Pour permettre le bon déroulement de la cérémonie officielle prévue ce mardi, les autorités de la transition ont décrété la journée fériée, chômée et payée. Une décision qui illustre l’importance de ce projet considéré comme vital pour l’avenir économique du pays.

À l’intérieur du pays, notamment dans la zone du projet  Coyah, Forécariah et Maferinya, la mobilisation est totale. Des délégations venues des quatre coins du monde affluent pour assister au lancement des travaux de production. Les habitants, eux, se pressent au bord des routes, drapeaux à la main, pour accueillir les invités de marque.

Mais derrière cette euphorie, des tensions demeurent. Dans plusieurs localités concernées par le projet, des litiges fonciers opposent encore certaines communautés, nourrissant des inquiétudes sur la répartition des bénéfices et la gestion des terres.

Le projet Simandou, qui abrite l’un des plus importants gisements de fer du monde, symbolise à la fois les promesses et les défis du développement guinéen. Entre espoirs économiques, pressions sociales et ambitions politiques, la Guinée joue une nouvelle fois une partie décisive de son avenir.

Daouda Yansané