Discours de Nouvel An : Cellou Dalein Diallo dénonce une « tyrannie civilo-militaire »

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Conakry, 31 décembre 2025 – Dans son message de Nouvel An adressé aux Guinéennes et aux Guinéens, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a tenu un discours particulièrement sévère à l’encontre du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et de son gouvernement. Il y dresse un tableau sombre de la situation politique, sociale et morale du pays, tout en appelant à une mobilisation citoyenne pour la défense de la démocratie et des libertés.

Un pays « au fond du précipice »

Dès l’entame de son adresse, l’opposant guinéen affirme que l’année 2025 restera gravée dans l’histoire nationale comme une période de recul démocratique sans précédent. Selon lui, la Guinée n’est plus « au bord du précipice », mais déjà plongée dans une crise profonde, marquée par la violence, les violations des droits humains et la confiscation du pouvoir par la junte au pouvoir depuis septembre 2021.

Cellou Dalein Diallo a rendu un hommage appuyé aux victimes des manifestations politiques, aux personnes tuées ou portées disparues, ainsi qu’aux détenus qu’il qualifie de prisonniers politiques. Il a notamment cité plusieurs figures civiles et militaires décédées ou disparues, promettant de ne ménager aucun effort afin que la lumière soit faite sur leur sort.

Critiques de la gouvernance et du projet Simandou

Le président de l’UFDG a également dénoncé ce qu’il considère comme une gestion opaque et patrimoniale de l’État. Il a particulièrement mis en cause le projet minier de Simandou, qu’il qualifie de « miroir aux alouettes ». Il reproche aux autorités leur refus de publier les conventions minières et le manque de transparence sur les retombées économiques réelles de ce projet pour la Guinée.

Selon lui, la crise actuelle dépasse les seuls aspects politiques et économiques : elle serait aussi morale, marquée par la compromission d’une partie de l’élite et l’érosion des valeurs républicaines.

« Un coup d’État par les urnes »

Revenant sur l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, Cellou Dalein Diallo a parlé d’un « coup d’État par les urnes », estimant que ce scrutin visait uniquement à légitimer le maintien au pouvoir du chef de la junte. Il a salué le boycott observé, selon lui, par une large majorité de la population, affirmant que l’UFDG et les Forces vives de Guinée n’ont pas pris part à ce processus électoral.

Tout en se disant peu surpris par des résultats officiels qu’il juge « sans rapport avec la vérité des urnes », il a soutenu que la conscience populaire ne saurait être confisquée et que la lutte démocratique se poursuivra.

Appel à la mobilisation et message à la jeunesse

Dans un ton résolument offensif, le leader de l’UFDG a appelé à une mobilisation générale des Guinéens, au-delà des clivages politiques, régionaux et religieux. Il a particulièrement interpellé la jeunesse, qui représente, selon lui, plus de 70 % de la population, l’invitant à jouer pleinement son rôle dans le combat pour les libertés et l’alternance démocratique.

Une UFDG « suspendue mais debout »

Évoquant la suspension de son parti, Cellou Dalein Diallo a dénoncé une décision « sans base légale », destinée, selon lui, à réduire l’opposition au silence. Il a toutefois assuré que l’UFDG reste déterminée à poursuivre son combat politique et à se poser en rempart contre les violations des droits humains.

En conclusion, le président de l’UFDG a adressé ses vœux de santé, de progrès et de prospérité aux Guinéens pour l’année 2026, tout en réaffirmant son attachement à une Guinée démocratique, libre et unie.