CRIEF : les biens et comptes d’Oyé Guilavogui placés sous gestion de l’AGRASC

Vous avez dit :

Au cours de l’audience, la partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État, a attiré l’attention de la Cour sur la gravité des faits reprochés ainsi que sur le séjour prolongé de l’ancien ministre à l’étranger. Elle a sollicité, à ce titre, la saisie conservatoire et la gestion par l’AGRASC de l’ensemble des biens meubles et immeubles appartenant à Oyé Guilavogui, notamment ses domaines situés à Conakry et à Kindia, ainsi que de ses comptes bancaires ouverts dans les établissements financiers du pays.

La partie civile a également demandé que l’AGRASC soit mandatée pour identifier, conserver et administrer ces biens jusqu’à l’intervention d’une décision définitive, tout en produisant un rapport détaillé dans un délai maximal de trois semaines. Ces réquisitions ont été appuyées par le ministère public.

Institution placée sous la tutelle du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, l’AGRASC a été créée par décret le 26 octobre 2022. Elle est chargée d’assurer la gestion, la protection et la valorisation des biens et avoirs saisis ou confisqués par décision judiciaire, afin d’en prévenir toute dégradation, disparition ou utilisation illicite.

Après avoir entendu l’ensemble des parties, la Cour, présidée par le juge Yagouba Conté, a fait droit aux demandes formulées. Elle a ordonné la gestion par l’AGRASC de tous les biens meubles et immeubles d’Oyé Guilavogui, ainsi que la saisie conservatoire de ses comptes bancaires domiciliés dans les banques de la place.

Par ailleurs, la juridiction a enjoint à la société Huawei de transmettre l’ensemble des documents relatifs au processus de relance de la société de téléphonie mobile SOTELGUI, notamment ceux se rapportant à la gestion de la fibre optique backbone. La Cour a également ordonné la comparution de M. Koulibaly, directeur général de SOTELGUI à l’époque des faits poursuivis.

Selon l’ordonnance rendue, l’exécution de l’ensemble de ces mesures devra intervenir au plus tard le 20 février 2026. L’affaire a été renvoyée au 23 février 2026 pour la poursuite des débats.

Pour rappel, Oyé Guilavogui est poursuivi devant la CRIEF pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, portant sur un montant estimé à 50 millions de dollars américains.

Daouda Yansané