Guinée : les négociations dans l’éducation dans l’impasse, le SNE annonce des décisions décisives le 18 avril

Quelques jours plus tôt, le porte-parole du ministère de l’Éducation, Ansa Diawara, évoquait pourtant une mise en œuvre « en très bonne voie » de l’accord signé le 3 janvier 2026. Une appréciation que conteste fermement la partie syndicale.

Un moratoire sans résultat

Réunie en assemblée générale le 11 avril, l’intersyndicale FSPE-SNE avait accordé un délai de cinq jours au gouvernement afin de parvenir à un consensus sur l’application du protocole additionnel. Mais à moins de 24 heures de l’expiration de ce moratoire, aucun compromis n’a été trouvé.

Contacté ce jeudi, Michel Pépé Balamou n’a laissé place à aucune ambiguïté : les discussions n’ont enregistré aucune avancée significative.

Trois points de blocage majeurs

Selon le responsable syndical, trois obstacles principaux expliquent l’enlisement actuel :

  • le non-respect du calendrier initial prévu dans le protocole du 3 janvier, notamment pour février 2026 ;

  • la rétention des arrêtés conjoints indispensables à la mise en place de trois commissions techniques ;

  • le report indéfini de la révision du Statut particulier des personnels de l’éducation.

Pour le SNE, ces blocages traduisent une absence de volonté politique réelle de réformer en profondeur le secteur. « Le mal est profond. Il ne s’agit plus de solutions temporaires, mais d’engager une revalorisation durable de la profession enseignante », a insisté Michel Pépé Balamou, soulignant que l’amélioration des conditions des enseignants est directement liée au développement du capital humain du pays.

Des décisions attendues le 18 avril

Face à cette impasse, le syndicat annonce un tournant. Une assemblée générale décisive est prévue le samedi 18 avril à la Bourse du Travail de Conakry. À cette occasion, « d’importantes décisions » devraient être prises.

Le SNE affirme que les enseignants sont déterminés à sortir de la précarité et à obtenir une véritable revalorisation de leur statut. Celle-ci passe, selon le syndicat, par la révision, la signature et l’application effective du Statut particulier de l’éducation.

« Il devient nécessaire de recadrer la lutte autour d’objectifs clairs et stratégiques pour permettre aux enseignants de sortir définitivement de la misère », a déclaré le leader syndical.

Tensions avec d’autres organisations syndicales

Enfin, Michel Pépé Balamou a vivement réagi à la position du SLECG, appelant les enseignants à ne pas accorder d’importance à cette organisation. Il rappelle que le droit de grève reste un droit collectif exercé individuellement et que l’absence d’unanimité syndicale n’empêche pas la mobilisation.

Dans un contexte de tensions persistantes, l’assemblée du 18 avril pourrait marquer une nouvelle étape dans la crise de l’éducation en Guinée, avec des conséquences potentiellement majeures pour l’ensemble du système scolaire.