Après sans doute plusieurs années d’absence, le chef du gouvernement guinéen était de retour mercredi dans un endroit qu’il connait bien, d’autres diront même très bien.
C’était à l’occasion de la pose de la première pierre du complexe académique intégré de Bambéto.
Bambeto, oui, le Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, connait bien et endroit.
Un quartier qui a brisé des espoirs mais qui a surtout un quartier qui a arraché de nombreuses vies. Le plus souvent la vie des jeunes à la fleur de l’âge.
Aucun guinéen n’a oublié les manifestations violentes de cet axe et Bah Oury, un secret de polichinelle était le coordonnateur des mobilisations de foule dont celle des évènements du stade du 28 septembre.
En présidant la cérémonie de pose de la première pierre, le chef du gouvernement n’a pas oublié son passé peu lointain. Et puisqu’il a changé de place, pardon de bureau, Bah Oury parle aujourd’hui de justice sociale.
Lisez plutôt…
« La construction de cette école, de ce complexe académique comportant une école primaire, un collège et un lycée, n’est qu’un acte de justice. Justice parce que, pendant très longtemps, les populations de ce pays ont été divisées. Ces populations ont été opposées par des gouvernances qui aimaient le pouvoir, mais qui n’aimaient pas la population guinéenne, et qui ont provoqué beaucoup de tragédies dont de nombreuses familles de cette zone portent encore les marques aujourd’hui.
Notre présentateur vient de rappeler les écrits de Victor Hugo : “En construisant une école, on ferme des prisons.” En construisant une école, on offre des perspectives aux jeunes afin qu’ils puissent se construire et se projeter dans l’avenir. En construisant une école, on forme des personnes capables d’être des citoyens modèles, au service d’eux-mêmes et du pays tout entier. C’est la vocation première du président de la République, Mamadi Doumbouya, depuis sa prise de pouvoir.
Ce n’est pas quelque chose qui est venu de manière fortuite. Cela répond à une conviction, à une détermination et à une constance d’aller dans cette direction. Toute la politique menée ces quatre dernières années est bâtie sur l’indispensable nécessité d’assurer l’équité et de prendre en compte tous les territoires et toutes les populations guinéennes, qu’elles vivent dans les grandes villes, dans les banlieues ou à l’intérieur du pays.
L’école qui va émerger ici est un symbole de la volonté du président de la République et de son gouvernement de bâtir une société réconciliée, une société où les disparités ethniques et sociales vont disparaître ».
Ce qui est bien dit. Il ne sera alors pas exagéré d’espérer qu’un jour Bah Oury se mettra sans doute à la disposition de la justice guinéenne pour dire ce qu’il savait des tueries sur l’axe Hamdallaye-bambéto-Cosa-Encore5 lors de violentes manifestations qui ont comme il l’a fièrement rappelé coûter la vie à de nombreuses vies humaines. Bien que le nombre de mort ne soit pas encore connu. Des centaines, des milliers, peut-être. Ça ne sera que n Justice.
Mohamed SOUMAH