Affaire Hadya “Bandirou” : l’artiste et deux influenceurs devant le tribunal pour diffamation et atteinte à la dignité

Le procès très attendu de l’artiste guinéenne Hadiatou Bah, connue sous le nom de Hadya “Bandirou”, s’est ouvert ce mercredi 20 mai 2026 au Tribunal de première instance de Dixinn, à Conakry. À ses côtés comparaissent également les créateurs de contenus Ahmed Saada Diallo et Mamadou Alpha Baldé, alias SoprAlpha, dans une affaire qui suscite une vive polémique sur les réseaux sociaux.

Selon des sources judiciaires, les trois prévenus ont été entendus durant plusieurs heures mardi au parquet de Dixinn avant d’être officiellement inculpés. À l’issue de leur audition, ils ont été placés sous mandat de dépôt et transférés à la Maison centrale de Conakry, où ils ont passé leur première nuit en détention.

L’artiste Hadya est poursuivie pour plusieurs chefs d’accusation, notamment diffamation, proxénétisme et complicité, atteinte à l’ordre public ainsi qu’à la dignité des individus par le biais d’un système informatique. Les poursuites s’appuient sur les articles 19, 20, 347 et 363 du Code pénal guinéen, ainsi que sur l’article 32 de la loi relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel.

De leur côté, Ahmed Saada Diallo et SoprAlpha sont poursuivis pour atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus via un système informatique, conformément aux dispositions prévues par la législation sur la cybersécurité en République de Guinée.

Cette procédure judiciaire fait suite à la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence largement relayée en ligne, Hadya “Bandirou” affirmait être impliquée dans des mises en relation entre de jeunes filles et des hommes contre rémunération, des propos qui ont rapidement déclenché une vague d’indignation au sein de l’opinion publique.

Au moment de l’ouverture de l’audience, les trois accusés avaient déjà pris place dans le box du tribunal, sous haute attention médiatique et populaire. Ce procès, suivi de près par de nombreux internautes et observateurs, pourrait relancer le débat sur les limites de la liberté d’expression et la responsabilité des influenceurs sur les plateformes numériques en Guinée.

Daouda Yansané