CRIEF : vive confrontation autour d’une accusation de « double matricule » au procès en appel de Mohamed Diané

Conakry, 22 mai 2026 — L’audience en appel de l’ancien ministre de la Défense, Dr Mohamed Diané, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), a connu un moment de forte tension ce jeudi 21 mai. Au centre des échanges : une accusation portée par le procureur spécial Alphonse Charles Wright concernant l’existence présumée d’un second matricule administratif attribué à l’ex-responsable gouvernemental.

Face à la Cour, le représentant du ministère public a directement interrogé Mohamed Diané sur l’éventualité qu’il dispose d’un autre matricule que celui officiellement enregistré dans l’administration. L’ancien ministre a rejeté cette hypothèse et assuré ne posséder aucun autre numéro administratif.

Le procureur spécial a alors avancé qu’un individu enregistré sous le nom de « Mohamed Diané » figurerait dans les documents de la Cour suprême en qualité de magistrat. Selon ses déclarations à l’audience, cette personne aurait également bénéficié d’une rémunération mensuelle estimée à 485 millions de francs guinéens.

Cette affirmation a immédiatement suscité des réactions dans la salle, alimentant les interrogations autour d’une éventuelle anomalie administrative ou d’une confusion liée à l’identité mentionnée dans les registres concernés.

Depuis le box des accusés, Dr Mohamed Diané a rejeté en bloc les allégations formulées contre lui. Qualifiant ces accusations de « montage », il a contesté toute implication et dénoncé des affirmations qu’il juge infondées.

Afin de soutenir ses déclarations, Alphonse Charles Wright a annoncé que le parquet prévoit de verser au dossier le fichier solde de l’année 2021. Cette pièce devrait, selon le ministère public, permettre à la Cour de vérifier les éléments liés au matricule évoqué durant les débats.

Le procès en appel se poursuit dans un contexte particulièrement suivi par l’opinion publique guinéenne. Plusieurs auditions et étapes procédurales restent attendues dans ce dossier devenu l’un des symboles des procédures engagées dans le cadre de la lutte contre la corruption en Guinée.

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