Même réduit au silence, il continue de faire du bruit.
Même absent, il reste une voix.
Même disparu, il dérange encore.
La cérémonie de la 34ᵉ édition du Prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse, organisée à l’occasion du 77ᵉ Congrès mondial des médias d’information, le 1ᵉʳ juin 2026 à Marseille, a consacré Habib Marouane Camara, lauréat du prestigieux Prix « Mohamed Maïga » du journalisme d’investigation africain.
Une distinction internationale majeure qui célèbre le courage, la rigueur et l’engagement d’un journaliste qui a choisi, quoi qu’il lui en coûte, de dire la vérité.
Mais ce prix revêt une résonance particulière. Il ne vient pas saluer une carrière paisible. Il vient rappeler une absence. Il vient dénoncer un silence imposé. Il vient rappeler au monde qu’un journaliste guinéen, enlevé en décembre 2024, demeure à ce jour introuvable.
Et pourtant, ils n’ont pas réussi à l’effacer.
Car une plume libre ne disparaît jamais totalement.
Car une vérité révélée ne s’enterre pas.
Car un combat juste survit à ceux qui veulent l’étouffer.
À travers cette reconnaissance, c’est Habib Marouane Camara qui parle encore. C’est son courage qui interpelle. C’est son engagement qui nous oblige.
Ce prix n’est pas seulement un hommage. C’est un acte de mémoire. C’est un acte de résistance. C’est un rappel puissant : on ne fait pas taire la vérité en réduisant au silence ceux qui la portent.
Aujourd’hui, plus que jamais, son nom circule, son combat grandit et son silence résonne comme une accusation.
Honneur à Habib Marouane Camara.
Et que son combat ne s’éteigne jamais.