Guinée : La FSPE tire la sonnette d’alarme face à la montée de la violence en milieu scolaire

Conakry – La Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) a publié un communiqué de presse dénonçant la recrudescence des violences dans les établissements scolaires guinéens et appelant à une mobilisation collective pour restaurer un climat de paix et de sécurité à l’école.

Dans sa déclaration, la FSPE exprime sa profonde préoccupation face à la multiplication des actes de violence sous diverses formes physiques, verbales, psychologiques et liées au genre au sein des écoles du pays.

Selon l’organisation syndicale, l’école guinéenne, qui devrait constituer un espace de savoir, de civisme et d’épanouissement, est aujourd’hui confrontée à des incidents récurrents qui compromettent aussi bien l’avenir des élèves que la sécurité des enseignants.

« La violence, sous toutes ses formes, s’infiltre de plus en plus dans nos établissements scolaires. Ce phénomène alarmant ne peut plus être passé sous silence », souligne la FSPE.

Un appel à la responsabilité des parents

S’adressant aux parents d’élèves, la fédération rappelle que la famille demeure le premier rempart contre la violence. Elle déplore ce qu’elle qualifie parfois de « démission parentale » dans le suivi éducatif et disciplinaire des enfants.

La FSPE invite ainsi les parents à renforcer le dialogue familial, à suivre davantage les activités de leurs enfants et à veiller aux valeurs qu’ils développent, estimant que l’école ne peut réussir sa mission sans l’implication active des familles.

Les enseignants appelés à l’exemplarité

La fédération s’adresse également aux enseignants et aux personnels d’encadrement, qu’elle qualifie de « soldats du savoir ». Consciente des difficultés auxquelles ils sont confrontés, notamment le manque de moyens, la FSPE les exhorte à maintenir une conduite exemplaire.

Elle insiste notamment sur la nécessité de bannir définitivement les châtiments corporels, le harcèlement et toute forme d’abus, afin de promouvoir une culture éducative fondée sur le dialogue, l’écoute et la bienveillance.

Une mobilisation de toute la société

La FSPE appelle les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les acteurs communautaires à s’engager dans une vaste coalition nationale contre la violence en milieu scolaire.

L’organisation syndicale estime que les violences observées à l’école reflètent souvent les tensions présentes dans la société et plaide pour des campagnes de sensibilisation, la promotion des valeurs de paix ainsi que la mise en place de structures d’écoute destinées aux jeunes en difficulté.

L’État invité à renforcer la sécurité des écoles

Dans son communiqué, la fédération interpelle également les autorités publiques et le gouvernement sur leur responsabilité dans la protection des espaces scolaires.

La FSPE dénonce notamment les intrusions de personnes extérieures dans les établissements, parfois sous l’emprise de stupéfiants, qui s’en prennent aux enseignants ou aux élèves.

Elle réclame par ailleurs un investissement accru dans les infrastructures éducatives afin de réduire la surcharge des salles de classe. Selon la fédération, des effectifs dépassant parfois 80 élèves par classe favorisent les tensions, la frustration et les comportements violents.

« Pas de développement sans une école forte »

En conclusion, la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation réaffirme que le développement de la Guinée passe nécessairement par la construction d’une école forte, sécurisée et apaisée.

Elle appelle l’ensemble des acteurs concernés — État, syndicats, enseignants, parents et partenaires sociaux — à unir leurs efforts pour mettre fin au cycle de la violence et redonner à l’école guinéenne ses lettres de noblesse.

« Faisons de chaque salle de classe un havre de paix, d’égalité et d’excellence », conclut la FSPE.

Cellule de communication et des relations publiques de la FSPE