Conakry – Devant les représentants des associations de presse, les anciens professionnels des médias et de nombreuses personnalités, un vibrant hommage a été rendu au doyen Souleymane Diallo, journaliste, intellectuel et pionnier de la presse privée en Guinée.
Dans une intervention empreinte d’émotion, le journaliste Amadou Bah de la BBC a rappelé le parcours exceptionnel de celui qui a marqué plusieurs générations de journalistes par son professionnalisme, sa rigueur et son engagement en faveur de la liberté de la presse.
Né le 17 novembre 1945 à Ransanéré, dans la sous-préfecture d’Aïnabhya (préfecture de Dalaba), Souleymane Diallo était le fils de Thierno Amara Diallo et de Mouminat Diallo. Orphelin dès l’âge de dix ans, il fut élevé par sa sœur aînée, feu Khadiatou Diallo, qui l’accueillit à Labé et veilla à son éducation.
Brillant élève et passionné de lecture, il obtient son premier diplôme en 1961 avant d’entamer un riche parcours académique à l’étranger. Ses études le conduisent notamment en Allemagne puis en Côte d’Ivoire, où il poursuit sa formation supérieure tout en faisant ses premiers pas dans le journalisme.
Titulaire d’une licence en lettres anglaises, d’études supérieures en littérature anglophone ainsi que d’un doctorat de troisième cycle obtenu en France, il consacra ses travaux universitaires à la littérature africaine et aux questions culturelles.
Journaliste engagé, intellectuel panafricaniste et observateur attentif de la vie politique africaine, Souleymane Diallo a laissé une empreinte indélébile dans le paysage médiatique guinéen.
Au début des années 1990, à la faveur de l’ouverture démocratique et du retour du pluralisme, il se lance dans l’aventure de la presse privée. Le 7 février 1992 paraît le premier numéro du journal La Lance, qui devient rapidement l’un des titres les plus influents du pays.
La même année, il est nommé membre du Conseil national de la communication (CNC), institution chargée de la régulation des médias. Son expérience et sa crédibilité lui valent d’occuper plusieurs responsabilités au sein des organisations professionnelles de la presse.
Par la suite, il crée d’autres publications, dont Le Lynx, célèbre pour son ton satirique et son regard critique sur l’actualité nationale. Avec La Lance et les autres titres du groupe, il contribue à l’émergence d’une presse indépendante et audacieuse en Guinée.
Grâce à son engagement, le groupe de presse qu’il a fondé devient une véritable école de journalisme, formant et inspirant plusieurs générations de professionnels des médias.
Au-delà de ses diplômes, de ses responsabilités et de ses réalisations professionnelles, Souleymane Diallo restera dans les mémoires comme un homme de conviction, de culture et de liberté. Son œuvre continue d’éclairer le chemin de nombreux journalistes guinéens et africains.
Son héritage demeure vivant dans les colonnes des journaux qu’il a créés, dans les valeurs qu’il a défendues et dans le souvenir de tous ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés.
Daouda Yansané