Symposium en hommage à Diallo Souleymane : la presse écrite salue la mémoire d’un pionnier du journalisme guinéen
Conakry, 11 juin 2026 – La presse écrite guinéenne a rendu un vibrant hommage au doyen Diallo Souleymane à l’occasion du symposium organisé ce jeudi au Palais du Peuple. Dans une allocution prononcée au nom des professionnels de la presse écrite par Mme Kadiatou Conté, les journalistes ont salué la mémoire d’un homme présenté comme l’un des principaux artisans de la liberté de la presse en Guinée.
Devant le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, le président de la Haute Autorité de la Communication, des représentants d’institutions nationales et internationales, ainsi que des membres de la famille du défunt, l’oratrice a rappelé le rôle historique joué par le fondateur des journaux Le Lynx et La Lance dans l’émergence du pluralisme médiatique guinéen.
« Diallo Souleymane n’était pas un simple observateur de son temps. Il en était le scribe indomptable, le visionnaire et le bâtisseur », a-t-elle déclaré, soulignant l’audace dont il a fait preuve au début des années 1990 en misant sur l’avènement d’une presse libre dans un contexte politique encore marqué par de nombreuses restrictions.
Selon Mme Conté, les publications créées par le doyen ont profondément marqué le paysage médiatique national grâce à leur ton satirique, leur indépendance éditoriale et leur engagement constant en faveur de la vérité. Elles ont contribué à renforcer l’esprit critique des citoyens et à promouvoir une culture de redevabilité publique.
Au-delà de son œuvre journalistique, la représentante de la presse écrite a insisté sur l’engagement associatif du défunt. Membre fondateur et premier président de l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI), Diallo Souleymane a œuvré pour l’organisation et la défense collective des médias indépendants. Il a également poursuivi ce combat au sein de l’Association Guinéenne de la Presse Écrite (AGPE).
« Il avait compris très tôt qu’un journaliste isolé est un journaliste vulnérable. Pour défendre durablement la liberté de la presse, il fallait bâtir des structures fortes, unies et solidaires », a rappelé l’oratrice.
Le discours a également mis en lumière les nombreuses épreuves traversées par le journaliste au cours de sa carrière. Intimidations, poursuites judiciaires, gardes à vue et diverses formes de pressions n’ont jamais entamé sa détermination à défendre le droit des citoyens à l’information.
La presse écrite a par ailleurs rendu hommage au mentor et formateur qu’il fut pour plusieurs générations de journalistes guinéens. Son exigence professionnelle, fondée sur la rigueur des faits, l’indépendance du jugement et la responsabilité sociale, demeure aujourd’hui une référence pour de nombreux acteurs des médias.
« Diallo Souleymane n’a pas seulement bâti des rédactions. Il a éveillé les consciences et ancré dans la culture guinéenne une tradition de résistance face à toutes les tentatives de museler la parole », a affirmé Mme Conté.
En conclusion, la représentante de la presse écrite a invité les journalistes à préserver l’héritage laissé par le doyen et à poursuivre son combat pour la défense des libertés fondamentales. Elle a adressé les condoléances de l’ensemble de la profession à la famille du disparu, aux collaborateurs du Groupe Le Lynx-La Lance, ainsi qu’aux membres de l’AGEPI et de l’AGPE.
« Votre plume s’est posée, votre voix s’est tue, mais votre esprit planera toujours sur nos rédactions », a-t-elle déclaré, avant de promettre que le combat mené par le doyen pour une presse libre et responsable se poursuivra.
Le symposium a réuni de nombreuses personnalités du monde des médias, des institutions publiques et de la société civile, venues célébrer la mémoire d’une figure emblématique du journalisme guinéen.
Daouda Yansané