Affaire de prime de séparation de 43 milliards GNF au CNT : le parquet spécial près la CRIEF engage un audit complet de la gestion financière et comptable de l’institution
Quelques jours après l’annonce de l’ouverture d’une enquête préliminaire visant le secrétaire général du Conseil national de la transition (CNT) et plusieurs autres cadres de cette institution faisant office de Parlement, le parquet spécial près la CRIEF passe à la vitesse supérieure.
Selon une source proche du dossier, en plus de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et du Secrétariat général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé, au moins trois inspecteurs des finances ont également été requis aux fins d’assistance technique et d’expertise dans le cadre de cette enquête.
Cette assistance technique vise notamment les points suivants, rapporte la même source :
L’audit de la gestion financière et comptable de l’ancien Conseil national de la transition (CNT) ;
L’examen de l’exécution des ressources financières allouées au Conseil national de la transition (CNT) dans le cadre de ses attributions, de son organisation et de son fonctionnement depuis sa mise en place ;
L’examen de l’utilisation de ces ressources à travers les documents comptables et financiers ;
Le recrutement et le traitement salarial de l’ensemble des travailleurs de l’administration parlementaire sur la base du fichier de solde depuis le démarrage du processus de transition ;
La situation des biens matériels du Conseil national de la transition (CNT), ainsi que des autres subventions accordées dans le cadre de l’élaboration de l’avant-projet et du projet de la nouvelle Constitution ;
La production d’un rapport dans un délai raisonnable afin d’évaluer l’ampleur des montants qui auraient été détournés ou utilisés à des fins personnelles au préjudice de l’État.
Il convient de rappeler que plus d’une dizaine de personnes, avec à leur tête Aboubacar Camara, secrétaire général du CNT, sont visées par cette procédure d’enquête initiée par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Les faits poursuivis portent sur un présumé « détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite, faux et usage de faux en écritures publiques et privées, ainsi que complicité », en lien avec la gestion de la somme de 43 milliards de francs guinéens (43 000 000 000 GNF) représentant la prime spéciale de séparation, répartie comme suit :
40,5 milliards de francs guinéens (40 500 000 000 GNF) au titre de la prime de séparation des conseillers nationaux du CNT ;
2,5 milliards de francs guinéens (2 500 000 000 GNF) au titre d’une prime spéciale de récompense destinée aux travailleurs de l’administration parlementaire, soumis à des contraintes particulières et dont l’accompagnement a contribué à la réalisation des missions du CNT.
Source: mediaguinee