Guinée : Mamadi Doumbouya encadre le statut et les missions des conservateurs de la nature

Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a signé, vendredi 18 septembre 2026, un décret portant statut particulier des conservateurs de la nature. Le texte, composé de 80 articles, définit notamment les missions, l’organisation du corps, les catégories professionnelles ainsi que les droits et obligations de ces agents chargés de la protection des ressources naturelles.

Le décret D-2026-0288-PRG-SGG vient préciser le cadre juridique applicable aux conservateurs de la nature en Guinée. Le texte les reconnaît comme une catégorie spécifique d’agents de l’État, en raison de la nature de leurs responsabilités, des contraintes liées à leurs missions et des risques auxquels ils peuvent être exposés dans l’exercice de leurs fonctions.

Un corps chargé de la protection des ressources naturelles

Le nouveau statut confie aux conservateurs de la nature un large éventail de responsabilités dans la protection des écosystèmes et la préservation de la biodiversité.

Ils sont notamment chargés de faire respecter la réglementation dans les aires protégées et le domaine forestier. Leur champ d’intervention couvre les parcs nationaux, les réserves naturelles, les sanctuaires de faune, les zones humides, les bassins versants, les mangroves, les forêts classées ainsi que d’autres espaces dédiés à la conservation.

Leur mission consiste également à veiller à l’intégrité des écosystèmes forestiers, terrestres, marins et aquatiques et à assurer l’application des textes nationaux ainsi que des conventions et accords internationaux relatifs à la gestion durable des ressources naturelles.

Braconnage et commerce illégal dans le viseur

Le décret accorde également une place importante à la lutte contre les atteintes à la biodiversité.

Les conservateurs doivent assurer la surveillance de la faune et de la flore sauvages et contribuer à la lutte contre le braconnage, le commerce illégal des espèces et les trafics transfrontaliers.

Ils sont aussi appelés à intervenir dans la prévention et la gestion des urgences environnementales, des catastrophes et des calamités. Le texte prévoit par ailleurs leur participation à certaines activités menées avec les forces de défense et de sécurité ainsi qu’à des opérations civilo-militaires.

Trois catégories professionnelles

Le nouveau statut organise le corps des conservateurs de la nature en trois grandes catégories, correspondant aux principales hiérarchies de la fonction publique.

Il s’agit :

  • des officiers conservateurs de la nature, classés dans la hiérarchie A ;
  • des sous-officiers contrôleurs de la nature, relevant de la hiérarchie B ;
  • des agents forestiers, correspondant à la hiérarchie C.

Cette organisation doit permettre de préciser les responsabilités et les niveaux hiérarchiques au sein du corps.

Le droit de grève et le droit syndical interdits

Le décret reconnaît aux conservateurs de la nature les droits et libertés garantis aux citoyens par la Constitution et le statut général des agents de l’État.

Toutefois, certaines restrictions sont expressément prévues en raison de la nature particulière de leurs fonctions. Le droit syndical et le droit de grève leur sont interdits.

Le texte prévoit également que leurs libertés d’expression, de réunion et d’association sont exercées dans les conditions prévues par leur statut particulier.

Des restrictions sur les activités lucratives

Le statut encadre également les activités exercées par les conservateurs en dehors de leurs fonctions.

Les agents ne sont pas autorisés à exercer personnellement une activité lucrative. Des exceptions sont toutefois prévues pour certaines activités ayant un lien direct avec la conservation ou la restauration des ressources naturelles.

Cette disposition vise notamment à éviter les situations susceptibles de créer un conflit entre les missions de service public des agents et des intérêts privés.

Uniformes, équipements et port d’armes

Compte tenu des conditions particulières dans lesquelles ils exercent leurs missions, les conservateurs de la nature bénéficient également de dispositions spécifiques en matière d’équipement.

Le décret prévoit la fourniture annuelle d’effets d’habillement, d’équipements professionnels et de matériels spéciaux nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. La composition de ces équipements doit être déterminée par arrêté du ministre chargé des conservateurs de la nature, sur proposition du directeur général du corps.

Autre disposition importante : le port d’armes est reconnu aux conservateurs de la nature. Dans l’exercice de leurs fonctions, ils sont soumis à l’obligation de porter l’uniforme ou d’être munis de leur carte professionnelle.

Le décret prévoit toutefois la possibilité de les dispenser du port de l’arme ou de l’uniforme pour certaines missions particulières.

Un cadre juridique renforcé pour les agents de conservation

À travers ce nouveau statut, les autorités guinéennes établissent donc un cadre spécifique pour un corps appelé à jouer un rôle central dans la surveillance des espaces protégés, la lutte contre le braconnage et la préservation des ressources naturelles.

Le texte encadre à la fois la mission, la hiérarchie, les droits, les obligations et les conditions d’exercice des conservateurs de la nature. Il prend effet à compter de sa date de signature, le 18 septembre 2026, et doit être enregistré et publié au Journal officiel de la République.

Alkhaly Condé