OGP : les travailleurs mettent cinq revendications sur la table

La régularisation de 174 jeunes recrues, la revalorisation des salaires, la réduction des inégalités de traitement et le renforcement du dialogue social figurent parmi les principales revendications de la délégation syndicale de l’Office guinéen de publicité (OGP). Présentées ce mardi 20 octobre 2026 au nouveau directeur général, Mohamed Bangoura, dit « Bank’s », et à son adjoint, ces doléances mettent en lumière les attentes du personnel à l’ouverture de cette nouvelle phase de gouvernance.

La nouvelle équipe dirigeante de l’Office guinéen de publicité (OGP) est désormais fixée sur les principales préoccupations du personnel. Lors de la cérémonie d’installation des nouveaux responsables, le secrétaire général de la délégation syndicale, Charles Mohamed Kolié, a exposé les difficultés auxquelles les travailleurs souhaitent voir apporter des réponses concrètes.

Au nombre de cinq, les revendications portent essentiellement sur la régularisation de la situation contractuelle des agents, l’amélioration des rémunérations, la réduction des inégalités de traitement, le renforcement des compétences professionnelles et la préservation d’un climat social apaisé.

La régularisation de la situation des 174 jeunes recrues de la promotion 2022 constitue l’une des principales préoccupations du syndicat. Selon Charles Mohamed Kolié, ces agents travaillent depuis quatre ans sans que leur situation contractuelle ait été régularisée. La délégation syndicale réclame ainsi leur recrutement sous contrat à durée indéterminée (CDI).

Autre point soulevé : la revalorisation des salaires des 145 employés permanents en CDI. Pour le syndicat, les rémunérations actuelles ne correspondent plus à l’évolution du coût de la vie. Il demande également la correction des disparités salariales et des inégalités de traitement entre les travailleurs.

La formation professionnelle figure aussi parmi les priorités exprimées. La délégation syndicale plaide pour la mise en place de programmes de renforcement des capacités et l’octroi de bourses de formation à l’étranger. L’objectif est de permettre aux agents d’améliorer leurs compétences et de contribuer davantage à la réalisation des objectifs du Plan stratégique 2030 de l’institution.

Une direction unie pour prévenir les conflits internes

Au-delà des revendications sociales, la délégation syndicale a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre le nouveau directeur général et son adjoint. Pour Charles Mohamed Kolié, l’entente entre les deux responsables et la complémentarité de leurs compétences sont essentielles au bon fonctionnement de l’OGP.

« Soyez un bloc uni, un tandem soudé et sans fissure », a-t-il recommandé aux deux dirigeants, les invitant à privilégier la cohésion dans la conduite des affaires de l’institution.

Le responsable syndical a également mis l’accent sur la nécessité de prévenir les divisions internes, susceptibles de fragiliser le fonctionnement de l’Office. À cet effet, la délégation préconise l’instauration d’un mécanisme permanent de dialogue social permettant de résoudre les différends en interne et d’éviter de nouvelles crises préjudiciables à l’image de l’OGP.

Entre acquis sociaux et difficultés persistantes

Dans son intervention, Charles Mohamed Kolié a également dressé le bilan de la direction sortante, qui a dirigé l’institution pendant un an et dix mois. Il a notamment salué le paiement régulier des salaires, l’apurement des arriérés de 2024, le versement des cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’acquisition d’un immeuble de six étages ainsi que le renforcement du parc logistique avec des pick-up et des motos.

Malgré ces acquis, le secrétaire général de la délégation syndicale est revenu sur les difficultés traversées par l’OGP, notamment les procédures judiciaires ayant concerné d’anciens directeurs généraux.

« Depuis 2021, deux de nos anciens directeurs généraux ont été limogés et conduits en prison », a-t-il déclaré, évoquant un passé marqué par des turbulences et appelant les nouveaux responsables à privilégier une gestion fondée sur la transparence, l’équité et la responsabilité.

Des attentes concrètes envers la nouvelle équipe

La délégation syndicale affirme être disposée à accompagner la nouvelle équipe dirigeante dans l’accomplissement de sa mission. Elle attend toutefois des réponses concrètes aux revendications formulées, notamment en matière de conditions de travail, de rémunération et de stabilité professionnelle.

Pour Mohamed Bangoura, dit « Bank’s », et son adjoint, ces cinq revendications constituent autant de défis sociaux à prendre en compte dès le début de leur mandat. Leur prise en charge pourrait contribuer à renforcer la confiance entre la direction et les travailleurs, tout en favorisant un climat social propice au fonctionnement de l’institution.

À l’OGP, le personnel attend désormais que les engagements en faveur du dialogue et de l’amélioration des conditions de travail se traduisent par des mesures concrètes.

Alkhaly Condé