Le moins que l’on puisse dire, c’est que rien ne va plus au sein de l’école guinéenne. Au delà des communications très officielles qui parlent de révolution numérique, de mutation, une communication qui fait des comparaisons sans raison avec l’école moderne ou de l’occident, excusez du peu, rien ne vas au sein de l’école guinéenne et pour cause.
Les responsables du système éducatif guinéen affirment avoir mis la barre très haute. Mais de l’avis de nombreux spécialistes; les Ministres semblent avoir mis la charrue avant les boeufs.
Primo: les élèves guinéens manquent cruellement de salles de classes. Contrairement aux communications officielles de la capitale, les enfants continuent d’étudier encore sous des hangars à l’intérieur du pays à même le sol.
Secondo: ils sont nombreux des enseignants qui tiennent à eux seuls une école avec trois ou quatre salles de class avec des centaines d’écoliers. Ce qui explique le manque criard d’enseignant dans les écoles. Ce, aussi bien du primaire que du secondaire.
Tierso: la qualité de ceux qui sont chargés d’enseigner les enfants et de l’enseignement dispensé.. A propos, il faut dire que si les enseignants de Conakry parlent la langue officielle( le français) aux enfants dans les écoles, ce n’est pas le cas dans le pays profond où des enseignants continuent encore d’enseigner les enfants en langues nationale. Il est à se demander à ce niveau par quel miracle, des enfants qui n’ont pas le même outil pédagogique, des enfants qui ne reçoivent pas les cours de la même manière, assimilerons les Cours et soient au même niveau.
Quarto: l’éducation n’a pas les moyens de sa politique. Les enseignants sont mal payés. Avec la crise de liquidité en cours dans le pays, les enseignants mal payés sont obligés de parcourir des centaines de km et de sacrifier plusieurs jours sans donner de cours à la recherche de leurs maigres salaires. Pour la plupart, ils prennent de l’argent à crédit pour avoir le transport avant d’entreprendre leur périple à la recherche de leur salaire.
Pendant ce temps à Conakry, on parle du numérique dans un pays où la capitale même n’a pas de courant électrique à plus forte raison les préfectures et localités de l’arrière pays. Il en est de même que l’outil informatique.
Que dire de la sainte pagaille instaurée au niveau de l’enseignement supérieur avec le Système LMD(Licence-Master-Doctorat). Trois jours de cours dans la semaine et la recherche dans les cybers les autres jours de la semaine . C’est le calendrier dans les institutions d’enseignement supérieur en Guinée. Ce que les autorités appellent système LMD.
A propos de ce système, il faut dire que même si nous n’avons pas de statistiques officielles, une proportion importante d’élèves décrochent le Baccalauréat sans savoir ce que l’on appelle Outil Informatique. Autrement, plus de dix ans sur les bancs sans toucher à un ordinateur. C’est à l’Université qu’ils découvrent pour la première fois l’outil informatique où les professeurs leur demandent d’aller aux Cybers pour faire des recherches alors que les enfants n’ont jamais touché à un ordinateur de leur vie.
Ils sont nombreux des étudiants qui payent de l’argent aux gérants de Cyber pour les aider à faire des recherches sur le net puisqu’ils ne connaissent pas l’ordinateur et ne savent pas comment faire des recherches.
Pour ne rien arranger en cette fin de l’année scolaire et Universitaire, les syndicats de l’éducation sont sur le pied de guerre. Ils menacent de déclencher une grève dans le système éducatif si rien n’est fait pour l’adoption de leur statut particulier et le paiement des arriérés de salaires, de primes et de plusieurs autres choses.
Les discussions en cours entre syndicats et le gouvernement portent notamment sur des dossiers sensibles tels que le Statut particulier de l’éducation et la situation des enseignants contractuels non retenus. À ce sujet, l’intersyndicale rejette catégoriquement toute initiative jugée non conforme à l’accord, notamment les projets de missions à l’étranger. Elle estime que les ressources nécessaires à l’élaboration des textes sont accessibles localement, rappelant que les données relatives aux 4 500 enseignants concernés sont déjà disponibles dans un fichier sécurisé.
Ce n’est pas tout car le collectif des enseignants homologues des universités Général Lansana Conté de Sonfonia et de la première institution d’enseignement supérieur de la Guinée, l’Université Gamal Abdel Nasser dénonce le retard accusé dans leur intégration à la fonction publique guinéenne.
Au service des institutions d’enseignement supérieur, ils affirment que la ministre de l’Enseignement supérieur, Dre Diaka Sidibé, le Premier ministre Bah Oury ainsi que le président Mamadi Doumbouya n’ont rien fait pour régulariser leur situation.
Quand on sait que les enseignants contractuels sont les plus nombreux dans les écoles et Universités guinéenne, il y a de quoi être inquiéter.
Mohamed SOUMAH