Conakry : des migrants de retour du Maroc refusent de prendre 200 000 GNF et veulent rencontrer Mamadi Doumbouya

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les opérations de retour des migrants en Guinée semblent être entourées de zones d’ombre, n’en déplaise aux déclarations du très controversé ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, Morisanda Kouyaté.

Ces migrants, une fois au pays, sont abandonnés à eux-mêmes. Ils transitent par l’hôpital Jean-Paul II de Taouyah, dans la commune de Ratoma. À ce niveau, il faut dire que la tension est vive entre ces Guinéens rapatriés du Maroc et les autorités du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger.

Les conditions de prise en charge depuis leur retour sont jugées peu enviables sur le territoire national. Ces migrants affirment ne recevoir qu’un seul repas par jour, malgré leur état de vulnérabilité, ce qui contraste avec les déclarations du ministre.

Ce n’est pas tout : plusieurs jours après leur arrivée, seule une enveloppe de 200 000 francs guinéens a été remise à chacun, un montant qui contraste également avec la cherté de la vie dans le pays de Mamadi Doumbouya. Ce repas unique consiste en du pain accompagné d’un peu de beurre ou de sardines, et rien de plus.

Aujourd’hui, les migrants réclament une assistance financière plus conséquente dans un pays qui manque cruellement de liquidités. C’est dans cette misère qu’ils menacent d’organiser une manifestation devant la présidence de la République afin d’attirer l’attention du général Mamadi Doumbouya.

Justement, alors qu’ils tentaient de se rendre à Kaloum pour rencontrer le chef de l’État, ces migrants récemment rapatriés du Maroc ont été dispersés par la police. Aux dernières nouvelles, ces ressortissants guinéens ont refusé l’enveloppe de 200 000 GNF proposée par le ministère des Affaires étrangères.

Pour exposer leurs préoccupations, la route vers la présidence reste semée d’embûches. Conséquence de cette situation : le nombre exact de personnes ayant perdu connaissance suite à l’usage de gaz lacrymogène reste inconnu. D’autres affirment avoir pris la fuite pour éviter d’être interpellés.

Il est vrai que le ministre Morisanda Kouyaté sait bien communiquer. Mais depuis 24 heures, il ne s’est pas exprimé sur cette situation. Peut-être cherche-t-il à éviter que cette affaire ne parvienne aux oreilles du président Mamadi Doumbouya.

Guineelive